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De longues heures d’attente, sans eau ni vivres

L’évacuation des Québécois coincés dans les îles des Caraïbes dévastées par l’ouragan a débuté

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Photo AFP Des dizaines de personnes attendaient en ligne hier à l’aéroport Grand-Case Esperance sur l’île de Saint-Martin, afin de s’enregistrer pour l’évacuation.

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De nombreux Québécois ont été évacués de Saint-Martin hier après une longue attente sans eau ni vivres à l’aéroport, près d’une semaine après le passage de l’ouragan Irma.

Le nombre exact de Québécois qui attendent encore d’être évacués restait difficile à estimer, hier soir.

La patience de certaines familles commençait à atteindre la limite, hier en journée, incluant celle de Marie-Hélène Charron. « Ça fait deux jours et deux nuits qu’ils font la file à l’aéroport et qu’ils voient les Américains partir », nous disait-elle avant d’apprendre que les siens avaient finalement trouvé un vol de retour.

La jeune femme a remué ciel et terre pour aider son oncle Guillaume Théberge, son épouse et leurs deux enfants en danger à Saint-Martin.

La famille, qui avait constitué un groupe d’une douzaine de Québécois rescapés du côté néerlandais de l’île, a finalement été évacuée hier à bord d’un vol commercial de WestJet en partance pour Toronto.

À bout de force

Guillaume Dutrizac et sa compagne Geneviève ont eux aussi trouvé place dans le même avion arrivé avec de l’aide humanitaire à bord.

Près d’une semaine après le passage d’Irma, le couple n’avait plus la force d’attendre, selon le frère de M. Dutrizac, Felix Brabant.

« Ils sont dehors, sur le stationnement de l’aéroport, on ne les laisse pas entrer. Il fait 45 degrés et ils n’ont plus d’eau et plus de vivres », s’inquiétait-il, peu avant d’apprendre qu’Antoine et Geneviève avaient finalement pu fuir.

Après six jours de survie, « le moral commence à baisser », rapportait quant à elle Mme Charron. « C’est complètement insalubre. Ils ne peuvent pas se laver ni aller aux toilettes décemment. »

Au total, 95 % de l’île de Saint-Martin a été détruite par l’ouragan le plus violent jamais enregistré dans l’Atlantique. Les deux aéroports de l’île ont été endommagés.

Pas une priorité

Aux îles Turquoises, où de nombreux Québécois sont également coincés, les nerfs commencent aussi à lâcher, bien que la situation soit moins chaotique.

« Notre vie n’est pas en danger, mais c’est loin d’être agréable. La nourriture est rationnée, les toitures sont endommagées, on a l’électricité par génératrice, mais on ne sait pas pour combien de temps encore », témoigne Alain Bissonnette, depuis le Club Med Turquoise.

Au sein de son groupe, beaucoup ont attendu trois heures en plein soleil dimanche dans l’espoir d’être évacués à bord d’un avion d’Air Canada qui n’a finalement pas pu décoller.

Quand il a fini par avoir l’autorisation de s’envoler hier, Claudie Vaillancourt, qui y a trouvé place avec trois amies, sautait de joie. « Nous sommes dans l’avion ! » a-t-elle écrit au Journal juste avant de décoller pour Toronto.

Quant à M. Bissonnette et à son épouse, il leur faudra encore attendre jusqu’à jeudi, voire samedi, indique-t-il.

« C’est honteux, gronde-t-il. On est des citoyens canadiens, des payeurs de taxes, mais on ne reçoit aucune aide de notre gouvernement. On n’est clairement pas une priorité pour eux. »