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Il disait être « un policier à la retraite »

Un conducteur d’autobus est condamné pour avoir causé des lésions corporelles

Marco Beaulieu
Photo courtoisie L’attirail de faux policier qui permettait à Marco Beaulieu de berner son ex-conjointe.

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Un conducteur du Réseau de transport de la Capitale (RTC) qui se faisait passer pour un policier « à la retraite » a reconnu, mardi, avoir berné son ex-conjointe pendant quatre ans.

Chez lui, Marco Beaulieu, 54 ans, de Québec, possédait des menottes, un bâton de policier, un gyrophare, des calepins d’enquêteurs, des badges, un képi et un stetson de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Bref, il avait l’arsenal d’un « vrai policier ». Et pour convaincre la femme de qui il est tombé amoureux, en novembre 2011, l’homme est allé très loin.

Alors conducteur d’autobus, il lui a raconté avoir été, par le passé, policier à la GRC et à Trois-Rivières, mais être désormais « à la retraite ».

Marco Beaulieu<br>
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Comportement

Mise en confiance, la dame a appris à connaître le grand gaillard au crâne dégarni et à la moustache saillante, mais, rapidement, il est devenu possessif, contrôlant.

« Lorsque madame va à l’épicerie, il pense qu’elle le trompe. Un jour, en revenant de chez le chiro, elle prend un bain. Il croit qu’elle l’a trompé alors, en colère, il la prend au cou et la soulève », a brièvement raconté la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Sarah-Julie Chicoine.

Pour garder sa copine dans son univers inventé de policier, il a également prétexté des appels faits « à d’anciens collègues », simulé l’arrestation et l’émission d’une contravention « à un conducteur de remorqueuse » et prétendu qu’une enquête sur le passé de sa conjointe devait être faite puisqu’il était « appelé à faire partie d’une escouade spéciale ».

« Dans le cadre de cette enquête, qui n’a jamais existé, l’accusé a dit à la victime qu’il avait appris qu’elle avait déjà été dans un club échangiste, ce que la dame a nié, preuve à l’appui », a ajouté Me Chicoine.

Pour s’assurer de la véracité de cette déclaration, il a donc fait remplir à sa victime une « affirmation solennelle » qu’il a signée, étant prétendument agent de la paix, et sur laquelle il a apposé un faux numéro de matricule.

Coupable

À la suite du résumé des faits, le juge Hubert Couture a déclaré l’accusé coupable de voies de fait ayant causé des lésions corporelles et de s’être présenté faussement comme un agent de la paix.

Bien que ce ne soit pas la première fois que Beaulieu est accusé en semblable matière, son avocat, Me Benoit Labrecque a demandé à ce qu’un rapport présentenciel soit rédigé dans le but d’éclairer le tribunal.

Il a également laissé entendre que dans le cadre des représentations sur la peine, qui auront lieu le 10 janvier prochain, une « preuve sur sentence » sera faite pour « expliquer le passage à l’acte » de son client.