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Le thème de la corruption revient hanter Boisbriand

Lino Zambito égratigne la mairesse de la ville qui veut une norme anticorruption

Marlène Cordato
Photo d'archives La mairesse de Boisbriand, Marlène Cordato, souhaite que sa ville obtienne une certification anticorruption. Mais selon l’ancien entrepreneur en construction Lino Zambito, elle a elle-même déjà été mêlée à des histoires de partage de contrats dans le passé.

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À l’aube des élections municipales, les questions d’intégrité reviennent hanter Boisbriand, qui a été la première ville où la corruption a été dévoilée au grand jour à partir de 2009.

La mairesse de Boisbriand, Marlène Cordato, vient d’accorder un contrat pour que sa ville obtienne la nouvelle norme anticorruption ISO 37 001. Cette norme vise à certifier que la Ville a mis en place des outils pour lutter contre la corruption.

Lorsqu’il a appris la nouvelle, l’ancien entrepreneur en construction et témoin vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito a avalé sa gorgée de café de travers.

Lino Zambito
Photo d'archives, Emy-Jane Déry
Lino Zambito

« C’est juste pour se donner une crédibilité à un mois et demi des élections ! » s’est insurgé l’ex-entrepreneur qui accuse la mairesse d’être hypocrite.

« Si l’UPAC avait mené toutes ses enquêtes jusqu’au bout, Marlène Cordato ne serait pas mairesse », affirme-t-il en entrevue.

Lino Zambito est sur le point d’avoir exécuté sa sentence pour fraude, corruption et complot en lien avec le scandale de Boisbriand sur le financement politique.

Il allègue que Mme Cordato, alors qu’elle était conseillère municipale, a participé à un partage de contrats entre différentes firmes de génie-conseil et d’avocats avec la mairesse de l’époque, Sylvie St-Jean, en 2006.

Cette dernière a été reconnue coupable de fraudes, complot et abus de confiance en 2014.

Partage de contrats ?

M. Zambito s’appuie sur des documents présentés en cour. Lors de son procès, Mme St-Jean avait reconnu qu’il y avait des tensions avec Mme Cordato au sujet des contrats à accorder aux firmes. Elle avait alors expliqué qu’elles s’étaient finalement rencontrées pour « arrêter de se chicaner » en répartissant ces contrats.

Il précise que dans un exposé conjoint des faits signé par Mme St-Jean ainsi que par la Couronne et un juge, il est inscrit que les deux élues s’étaient entendues pour convenir d’un partage entre des firmes d’ingénierie.

Ce document n’implique pas une reconnaissance des faits par Mme Cordato. Elle avait d’ailleurs signifié son désaccord à la cour.

Mme Cordato n’a jamais été accusée dans cette histoire et elle briguera un troisième mandat aux élections municipales du 5 novembre. Elle nie catégoriquement qu’il y ait eu un quelconque partage de contrats. « Absolument pas, la réponse est non. »

« voleur et menteur »

« Je ne répondrai jamais rien à M. Zambito, qui est un voleur, un menteur et un corrupteur. [...] Il m’en veut parce qu’il a tout perdu quand on a dénoncé la corruption à Boisbriand », poursuit la mairesse.

Mme Cordato se défend de s’intéresser à la norme anticorruption par opportunisme à quelques semaines du scrutin.

« Je travaille pour lutter contre la corruption depuis 2010, ça n’a rien d’électoraliste, on a commencé à travailler là-dessus alors que la norme n’existait même pas et que la commission Charbonneau n’avait pas encore eu lieu... On a fait ça tout seuls », insiste-t-elle.

Elle donne comme exemple l’adoption, en 2010, de plusieurs résolutions afin de resserrer les processus d’octroi de contrats.