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Un colloque sur l'islamophobie à Québec

«Je suis très déçu, ce n’est pas le Québec que je connais, mais en même temps, je suis confiant. Dans le cadre de mon travail, je côtoie beaucoup de monde et le Québec ouvert, pacifique, constructif et fier est encore là, il est juste intimidé par des gens qui font du bruit», mentionne le professeur Mekki-Berrada.
Photo courtoisie «Je suis très déçu, ce n’est pas le Québec que je connais, mais en même temps, je suis confiant. Dans le cadre de mon travail, je côtoie beaucoup de monde et le Québec ouvert, pacifique, constructif et fier est encore là, il est juste intimidé par des gens qui font du bruit», mentionne le professeur Mekki-Berrada.

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Face à l’incompréhension de l’escalade de gestes haineux commis récemment à Québec, des musulmans estiment qu’un colloque sur le thème de l’islamophobie, prévu demain et vendredi à l’Université Laval, arrive à point pour tenter de démystifier et expliquer le phénomène.

Organisé par Abdelwahed Mekki-Berradam professeur d’anthropologie à l’Université Laval, le colloque appelé «Islamophobie envers les musulmanes» se veut une façon non politisée de débattre et échanger sur l’islamophobie, en ayant comme porte d’entrée le sujet les femmes musulmanes, souvent surexposées et critiquées dans les médias, selon le professeur.

«Elles sont souvent la cible de critiques et même d’agressions [en lien avec leur habillement]. On veut partir de cette situation pour mieux comprendre ce qu’est l’islamophobie en général», indique-t-il, en précisant que des chercheurs québécois, ontariens et européens prendront aussi part aux débats. Jusqu’à maintenant, quelque 120 personnes sont inscrites au colloque, qui s’étend sur deux jours.

Plus de prévention

Selon M. Mekki-Berrada, l’islamophobie est une forme de «radicalisation violente» et ainsi il faut développer des programmes de prévention, de sensibilisation et de lutte contre ce phénomène. Des services aux personnes qui souhaitent «se déradicaliser en quittant les groupes extrémistes, qu’ils soient religieux ou non», devraient aussi être mis sur pied, estime-t-il.

D’ici là, la société québécoise doit «s’ouvrir pour comprendre», indique-t-il. «Tout le monde est perdu présentement, c’est comme si le ciel nous tombait sur la tête. Mais, pour agir, il faut comprendre. Ça prend une ouverture, ça prend un échange, il faut se dire bonjour, on ne se dit pas assez bonjour», mentionne-t-il.

«Qu’a-t-on fait?»

Tout comme M. Mekki-Berradam, la communauté algérienne de Québec ne s’explique pas l’augmentation du nombre de crimes haineux à Québec, qui a d’ailleurs doublé l’an dernier, passant de 25 en 2015 à 58 l’an dernier.

«On ne sait même pas ce qui a causé ça, qu’a-t-on fait?», se questionne le président de l’association de la communauté qui regroupe près de 6 000 personnes à Québec. «Les gens se sentent moins en sécurité qu’avant. On a l'impression que les efforts d'intégration peuvent tomber comme un château de cartes après les actes terroristes et de vandalisme», mentionne Djamel Gaïd, qui admet qu’après la tuerie à la mosquée survenue en janvier dernier, il s’attendait à «l’effet contraire».

«Maintenant, comment peut-on faire pour que ça cesse? On espère que ce soit juste une parenthèse et qu’un jour nous allons oublier ça», conclut-il.