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Une commission scolaire impose le genre masculin à une mère lesbienne

Manon Grenier, une mère lesbienne de Sherbrooke, s'est battue pour que son titre de mère soit reconnu auprès de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.
Capture d'écran TVA Nouvelles Manon Grenier, une mère lesbienne de Sherbrooke, s'est battue pour que son titre de mère soit reconnu auprès de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.

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SHERBROOKE | Manon Grenier, une mère lesbienne de Sherbrooke, n'aurait jamais pensé devoir prendre les grands moyens en 2017 pour que son titre de mère soit reconnu auprès de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

«Je ne suis pas le père de cet enfant et je voudrais que le gouvernement puisse respecter les homosexuels et les lesbiennes comme il se doit», a-t-elle expliqué en entrevue avec TVA Nouvelles.

C'est en recevant le formulaire officiel d'inscription à l'école primaire de son fils de 5 ans qu'elle a eu toute une surprise. «Ça m'a mis hors de moi quand j'ai vu la mention père Manon Grenier», a confié Mme Grenier.

Une information qu'elle a tout de suite voulue faire corriger. Cependant, la commission scolaire a expliqué, dans un message laissé sur son répondeur, qu’elle ne pouvait effectuer le changement en raison du logiciel d'entrée de données. «C'est le logiciel qui correspond au dossier de l'élève qui est conçu comme ça. On ne peut pas changer cette donnée, donc oui, durant tout le parcours de votre enfant à l'école, ce sera inscrit père et mère malheureusement [SIC]», a laissé entendre la commission scolaire.

La CSRS modifie son logiciel

Après la diffusion mardi midi de l'entrevue réalisée par TVA Nouvelles, la CSRS a révisé la programmation de son logiciel d'entrée de données. «Tous les documents, les modifications des écoles. On pense aux demandes d'inscription, aux plans d'intervention. Tout ça a été "désexué"», a expliqué la responsable des communications, Diane Blais.

Le Conseil québécois LGBT, un organisme de défense des droits des minorités sexuelles, soutient que l'initiative menée par la Sherbrookoise de 54 ans était nécessaire pour faire progresser les choses. «Si les parents font valoir leurs droits, ça va faire changer définitivement ces formulaires-là plus rapidement que si on laisse ça aux bons soins des commissions scolaires», a avancé la directrice générale de l'organisme, Marie-Pier Boisvert.

Même si le gouvernement souhaite revoir les formulaires dans bon nombre de ministères, l'échéancier projeté semble encore trop long pour la communauté LGBT. «On ne peut pas attendre 2022 pour que ça se fasse. Si on peut déjà savoir sur quel formulaire il faut se pencher, je pense que ça va aider à aller de l'avant avec cette nouvelle mesure», a ajouté Mme Boisvert.