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Venezuela: vers la Terreur

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« Un rapport truffé de mensonges ! » Telle était hier la réponse du représentant du Venezuela face au rapport accablant du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU contre son pays.

Pourtant, le président du Conseil persiste et signe : le gouvernement vénézuélien écrase les institutions démocratiques et il étouffe l’opposition. Pire, plusieurs informations laissent supposer que ce gouvernement a commis des crimes contre l’Humanité. Même le pape critique le président du Venezuela. Hier, il a demandé à l’ONU de se pencher sur ce pays.

1. Pourquoi le Venezuela a-t-il tant de problèmes économiques ?

Le Venezuela accuse les « impérialistes américains » de tous les maux dont souffre le pays. Cette accusation ne tient pas la route, même si Donald Trump a récemment menacé le pays de représailles militaires. Le véritable problème est que le pays s’est lancé dans des projets d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars, en espérant que les prix du pétrole demeureraient élevés. Les prix sont tombés. Les chantiers ont été paralysés, par manque d’argent, par incompétence ou en raison de la corruption. La baisse des prix du pétrole a, bien entendu, fait chuter la devise vénézuélienne. Les biens importés sont devenus plus chers, ce qui a contribué à faire grimper l’inflation (255 % en 2016).

2. Comment le gouvernement a-t-il aggravé le problème ?

Devant cette inflation, le gouvernement a eu la malencontreuse idée de geler les prix de divers biens de consommation, comme celui du pain. Sauf que si les boulangers devaient vendre leur pain au même prix, le prix de la farine, lui, continuait à augmenter. Résultat, plutôt que de vendre à perte, les boulangers ont commencé à fabriquer moins de pain. Petit à petit, par des mécanismes similaires, tous les produits ont commencé à manquer. En plus, comme le pays est devenu dangereux, avec 30 000 meurtres par année, les gens honnêtes restent chez eux et ne sortent plus le soir. Faute de clients et de produits, les magasins ont réduit leurs heures d’ouverture.

3. Qui soutient l’opposition ?

Dans ces conditions de dangerosité extrême et de pénurie chronique, la population a élu au parlement une majorité de dirigeants de l’opposition. La nouvelle majorité a entamé des procédures pour destituer le président Nicolas Maduro. Mais Maduro refuse de quitter le pouvoir. En riposte, il a fait élire de façon antidémocratique une Assemblée constituante qui a tous les pouvoirs et qui est à ses ordres.

4. Que va faire l’Assemblée constituante ?

Cette assemblée doit réécrire la constitution. En réalité, elle veut dépouiller l’opposition de ses pouvoirs. Elle a déjà annoncé qu’elle allait juger les élus de l’opposition pour haute trahison. Le Venezuela s’engage ainsi dans une politique qui rappelle celle de la Terreur pendant la Révolution française. Avec, à la place d’un Robespierre, un président mal dégrossi.