/news/currentevents
Navigation

25 cas de cancer chez les pompiers de Québec

L’exposition prolongée à divers contaminants et à la fumée toxique est pointée du doigt

Les pompiers de Québec ont rendu hommage, mercredi, à leurs 34 confrères décédés en devoir dans l’histoire de la ville. Des œillets ont été déposés sur les stèles dans le terre-plein du boulevard Langelier et la cloche a résonné pour chacune des victimes.
Photo Didier Debusschère Les pompiers de Québec ont rendu hommage, mercredi, à leurs 34 confrères décédés en devoir dans l’histoire de la ville. Des œillets ont été déposés sur les stèles dans le terre-plein du boulevard Langelier et la cloche a résonné pour chacune des victimes.

Coup d'oeil sur cet article

Le feu est loin d’être le seul danger qui guette les pompiers lors d’une intervention. Pas moins de 25 cas de cancer ont été recensés à Québec en raison de l’exposition prolongée à diverses toxines.

Le directeur du service incendie, Christian Paradis, a révélé cette statistique troublante, mercredi, lors d’une cérémonie visant à rendre hommage aux 34 pompiers qui sont morts en devoir dans l’histoire de la Vieille Capitale.

Les pompiers de Québec ont rendu hommage, mercredi, à leurs 34 confrères décédés en devoir dans l’histoire de la ville. Des œillets ont été déposés sur les stèles dans le terre-plein du boulevard Langelier et la cloche a résonné pour chacune des victimes.
Photo Didier Debusschère

 

Aucun soldat du feu n’a perdu la vie depuis 1975 lors d’un incendie à Québec, un bilan exceptionnel qui cache toutefois une sombre réalité. Certains sapeurs ont perdu leur combat ou luttent toujours contre une maladie contractée au travail.

« Le danger insoupçonné, celui qu’on ne voit pas, c’est vraiment les cancers en lien avec le métier. On a 25 cas reconnus ; des actifs, des retraités et des gens qui sont décédés », a exposé le grand patron du service qui s’est associé au président du syndicat pour livrer un message conjoint de prévention.

« Si on ne change pas nos façons de faire, un pompier a 60 % [plus de chances] de développer un cancer en lien avec le métier », a-t-il indiqué, pointant du doigt les « nanoparticules qui traversent l’équipement et la peau ». Plusieurs études scientifiques ont démontré le risque accru pour les pompiers.

Les pompiers de Québec ont rendu hommage, mercredi, à leurs 34 confrères décédés en devoir dans l’histoire de la ville. Des œillets ont été déposés sur les stèles dans le terre-plein du boulevard Langelier et la cloche a résonné pour chacune des victimes.
Photo Didier Debusschère

 

Décontamination des uniformes

Les sapeurs doivent maintenant porter en tout temps leur appareil respiratoire lors d’une intervention et, surtout, décontaminer leur équipement sur place.

« Auparavant, c’était à la mode de garder notre bunker sale. Maintenant, les choses ont changé, on lave notre équipement parce qu’on sait que c’est extrêmement dangereux pour nous », a illustré le président de l’Association des pompiers professionnels de Québec, Éric Gosselin, évoquant un « virage » réussi jusqu’à présent en matière de santé et sécurité au travail.

Les pompiers de Québec ont rendu hommage, mercredi, à leurs 34 confrères décédés en devoir dans l’histoire de la ville. Des œillets ont été déposés sur les stèles dans le terre-plein du boulevard Langelier et la cloche a résonné pour chacune des victimes.
Photo Didier Debusschère

 

Renouvellement de l’équipement

La Ville investira par ailleurs 4 millions $ dans les trois prochaines années pour renouveler l’équipement de ses quelque 430 pompiers, afin d’accroître leur protection.

En 2016, la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail) a reconnu sept types de cancers pouvant être liés au métier de pompier, dont ceux de la vessie et du poumon. La reconnaissance dépend toutefois du nombre d’années d’exposition et exclut, dans certains cas, les fumeurs.

Dans la métropole, on a recensé « une centaine de dossiers » depuis et les discussions se poursuivent pour allonger la liste de cancers reconnus, a indiqué le porte-parole du syndicat, Alexandre Dumas.

Hommage à leur grand-père... 100 ans après sa mort

Les descendants du pompier Jean-Baptiste Saint-Hilaire ont souligné, mercredi, son décès tragique survenu il y a plus de 100 ans, le 19 février 1917. 
Photo Didier Debusschère
Les descendants du pompier Jean-Baptiste Saint-Hilaire ont souligné, mercredi, son décès tragique survenu il y a plus de 100 ans, le 19 février 1917. 

 

Les descendants de Jean-Baptiste Saint-Hilaire ont rendu hommage, mercredi, à leur grand-père qui est mort « en héros », il y a cent ans, en combattant un violent incendie dans le quartier Saint-Roch.

Yvon Saint-Hilaire a fait le voyage de Cowansville jusqu’à Québec et a convié plusieurs autres petits-enfants de la victime – qui n’ont jamais connu leur grand-père – à des retrouvailles familiales sur le boulevard Langelier.

C’est à cet endroit que la Ville de Québec a aménagé, en 2016, un mémorial composé d’une sculpture et de stèles de verre et d’acier pour ses sapeurs morts en service.

Pour la famille Saint-Hilaire, il était important de souligner le centenaire de la mort de Jean-Baptiste, à l’occasion de la cérémonie annuelle de commémoration.

« C’était comme une légende dans notre famille. On savait qu’il était mort en devoir, mais on ne savait pas comment. J’ai fait la généalogie de la famille et je me suis rendu compte qu’on connaissait peu de choses sur lui. Ça m’a ému beaucoup parce que j’ai lu tous les détails », a confié M. Saint-Hilaire, qui a colligé de nombreux articles de journaux datant de 1917.

Effondrement d’un mur

Âgé de 30 ans, le pompier Saint-Hilaire avait été victime de l’effondrement du mur d’un établissement en flammes alors qu’il se tenait dans une échelle. Deux autres pompiers, Ed Lamontagne et Charles L’Heureux, avaient perdu la vie en luttant contre l’élément destructeur qui avait ravagé plusieurs commerces de la rue Saint-Joseph.

D’imposantes funérailles civiques avaient alors été organisées. « Dans les récits de l’époque, ils étaient considérés comme des héros », a raconté avec fierté Yvon Saint-Hilaire.