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«C’est ma faute, c’est moi. J’ai déboulé d’en haut.»

Jean-Philippe Blanchette s’est confié à un policier peu après l’accident mortel

Cette photo montre Jean-Philippe Blanchette lors du soir du drame qui a coûté la vie à sa conjointe Kathryne Haché-Binette le 15 août 2014.
Photo tirée de la preuve Cette photo montre Jean-Philippe Blanchette lors du soir du drame qui a coûté la vie à sa conjointe Kathryne Haché-Binette le 15 août 2014.

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L’accusé Jean-Philippe Blanchette affichait un taux d’alcoolémie de 158 mg/100 millilitres de sang, une heure après son arrestation le 15 août 2014 sur le lieu de l’accident qui a causé la mort de sa conjointe Kathryne Haché-Binette. Un deuxième test a révélé un taux de .142, quelques minutes plus tard.

Le juge Denis Jacques de la Cour supérieure a ainsi demandé aux 12 jurés, mercredi, de considérer que ces taux constituent une présomption que l’accusé dépassait la limite de .08, au moment de l’accident.

Depuis le début du procès, mardi, l’avocat de la défense, Me Luc Tourangeau concentre ses questions sur l’absence de barrière ou de signalisation sur le terrain appartenant à la Ville de Saguenay qui surplombe un ravin entre les rues Jobin et J.R. Théberge.

Odeur d’alcool

Mercredi, le patrouilleur Yan Savard a témoigné avoir vu les yeux rouges et senti l’odeur d’alcool de l’accusé qui avait la bouche pâteuse. L’homme lui a dit : « Occupez-vous pas de moi. C’est ma faute. Arrêtez-moi, je m’en crisse ».

Un peu plus tard, malgré une mise en garde de garder le silence, Blanchette a répété : « C’est ma faute, c’est moi. J’ai déboulé d’en haut ».

Blanchette a demandé à laver ses mains souillées après les deux tests d’alcoolémie. Il a mentionné : « De toute façon, c’est pas le mien, c’est le sang de ma blonde ».

Reconstitution

Le reconstitutionniste Pierre Girard de la Sécurité publique de Saguenay n’a pas décelé de défaillance mécanique sur le Jeep TJ 1999 aux pneus surdimensionnés de l’accusé. Sur les lieux, cependant, une accumulation de rochers et de débris empêche l’accès au ravin. D’après les traces relevées, le Jeep a freiné, reculé et contourné l’obstacle sur la gauche.

Un peu plus loin, alors qu’il faisait nuit, l’expert muni d’une lampe de poche a tout de suite vu la cime des arbres qui révélait le ravin.

« Comment ça se fait qu’il n’a pas réagi. Tout ce qu’on voit [devant], c’est la cime des arbres. »

« Pourquoi je le vois avec une flashlight et que lui ne le voit pas dans une Jeep ? » a témoigné M. Girard. Son témoignage continue jeudi matin, au palais de justice de Chicoutimi.