/sports/hockey/canadiens
Navigation

En pleine progression

Daniel Audette en a fait du chemin depuis son premier camp des recrues

Camp des recrues du Canadiens
Photo Pierre-Paul Poulin

Coup d'oeil sur cet article

Septembre 2015, tournoi des recrues à London : chaque fois que Daniel Audette saute sur la glace, on a l’impression qu’il patine avec des œufs dans ses poches. Le son des patins de l’adversaire qui s’amène en sa direction semble l’effrayer aussitôt qu’il touche à la rondelle.

Les batailles pour l’obtention du disque dans les coins de patinoire ? Oubliez ça. À 5 pieds 8 pouces et 176 livres, il n’ose même pas s’en approcher. Un véritable désastre.

Sur la passerelle, le constat et le verdict sont unanimes. « Le jeune Audette a peur de son ombre. Ce n’est pas demain la veille qu’il va jouer chez les pros. »

Le verdict du Canadien ne se fait pas attendre. Dès la fin du tournoi, Audette est invité à refaire ses valises et à prendre la direction de Sherbrooke.

Sa quatrième saison avec le Phoenix, dans la LHJMQ, se situe en deçà des attentes. Faisant preuve d’un flagrant manque de constance, le choix de cinquième tour du Tricolore (147e) inscrit 59 points, dont 22 buts, en 52 rencontres.

Ses débuts chez les professionnels, l’hiver suivant, ne laissent présager rien de bien encourageant. En plus d’inscrire seulement deux buts à ses 27 premiers matchs dans l’uniforme des IceCaps de St. John’s, il connaît un passage à vide en plein cœur de la saison. Du 13 janvier au 18 mars (27 rencontres), il est incapable de faire scintiller la lumière rouge.

Un monde de différence

Voilà qui ne fut pas étranger à la présence d’Audette à l’actuel camp des recrues. Des 23 espoirs qui se sont rapportés au Canadien au cours des derniers jours, le joueur de centre est le seul qui compte un hiver complet dans la Ligue américaine.

Il reste du travail à faire, mais sa tenue lors des matchs disputés face aux jeunes Maple Leafs et aux jeunes Sénateurs, le week-end dernier à Toronto, démontre une progression certaine.

Constamment impliqué dans le jeu, il n’a pas hésité à présenter l’épaule aux adversaires qui souhaitaient lui ravir le disque. Le trio qu’il formait avec Jeremiah Addison et Martin Reway a été le plus menaçant.

« Daniel n’était pas content de son premier camp des recrues. C’était un monde de différence avec cette année, a souligné Martin Lapointe au terme de ces deux rencontres. Il est ressorti du peloton. Il joue avec plus de confiance.

« Il s’est entraîné à Montréal tout l’été. Il a perdu son gras de bébé. Sur la patinoire, il est plus rapide. Il fait des beaux jeux. Il a été récompensé », a ajouté Lapointe, désormais directeur du personnel des joueurs.

Deux étés intenses

Le principal intéressé n’est pas sans savoir qu’on lui reprochait son côté frêle et frileux. Il admet avoir travaillé énormément cette facette du jeu et que ce fut probablement la plus grande adaptation qu’il a dû faire au cours de cette première campagne chez les professionnels.

« L’an dernier, j’ai appris comment jouer contre des plus vieux et des plus forts. Il faut que j’utilise mon intelligence et que je me renforcisse l’été, justement pour pouvoir gagner mes batailles dans les coins. »

Audette ne sera jamais un mastodonte (après tout il a les gênes du père), mais deux étés d’entraînement rigoureux lui ont permis d’ajouter une douzaine de livres à sa charpente.

« Ça a été les deux étés les plus intenses de ma vie. Je le vois vraiment sur la patinoire, je sens les résultats. »

Cela dit, pas question de sacrifier les exercices cardiovasculaires pour exclusivement soulever de la fonte. Car, comme le souligne Audette, le cardio est tout aussi essentiel pour résister aux assauts adverses.

« Si tes jambes ne sont pas fatiguées et que tu es capable de continuer lorsque tu te fais frapper en fin de présence, c’est plus facile de rester debout. »

Il n’en tient maintenant qu’à lui d’en faire la preuve avec le Rocket de Laval.