/misc
Navigation

Le pilote mal aimé

caucus liberal
Photo Agence QMI, Simon Clark Le chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, en menait large, et avait des relations tendues avec des membres de l’équipe gouvernementale

Coup d'oeil sur cet article

Philippe Couillard a soulagé bien des membres de l’aile parlementaire libérale en mettant fin à son association avec son ami et chef de cabinet depuis l’élection de 2014, Jean-Louis Dufresne.

« C’était devenu nécessaire », a confié un député, selon qui le changement d’air dans le bureau du premier ministre fera du bien.

Des crises au MTQ jusqu’au suicidaire choix du candidat Éric Tétrault dans Louis-Hébert, en passant par le bizarroïde épisode de l’embauche de transfuges caquistes, l’accumulation de décisions « incompréhensibles », même aux yeux de membres du gouvernement, devenait dur à porter.

Le Parti libéral demeure premier dans les intentions de vote, les finances publiques de l’État sont en santé et l’économie a repris du pep, mais le gouvernement Couillard paraît continuellement embourbé dans les controverses, et son déclin chez les francophones menace ses élus.

Le visage de ce train constamment semi-déraillé était devenu celui de Jean-Louis Dufresne.

MALAISE

« Ça va assainir les relations. Il ne s’intéressait pas aux députés et plusieurs ne voulaient pas le confronter », a révélé un parlementaire.

Selon une autre source, la décision aurait dû être prise bien avant.

« Le premier ministre devait être embarrassé parce qu’il savait que ça n’allait pas, mais c’était son ami. »

Dans l’entourage de Philippe Couillard, on admet que Dufresne n’était pas très chaleureux, qu’il pouvait être directif et faire sentir ses interlocuteurs comme des tartes.

On soutient toutefois qu’il s’était « adouci avec le temps ».

De plus, d’autres députés, joints mardi après le tremblement de terre gouvernemental, avaient de bons mots pour le chef de cabinet mal aimé.

« J’ai jamais eu de mal à le joindre et il faisait cheminer mes dossiers. »

Un autre se demandait réalistement s’il était le seul à blâmer pour certains échecs de communication.

VENDRE LE PLAN LIBÉRAL

Au gouvernement, une source explique que Dufresne doutait d’être la bonne personne pour « vendre » le programme du gouvernement en vue de la prochaine élection.

On prétend que l’affaire Tétrault n’a pas été un déclencheur.

Vrai que le chef de cabinet avait pris les balles jusqu’ici sans broncher, mais généralement, l’accumulation devient mortelle !

Son remplaçant, Jean-Pascal Bernier, est un « jeune vétéran » tatoué libéral.

Ex-attaché de presse et chef de cabinet de Michelle Courchesne, il est discret, vaillant et affable.

Son défi sera de recoller des morceaux qui se sont détachés dans l’équipe gouvernementale et de conseiller Philippe Couillard pour un important remaniement.

Le premier ministre doit mettre en place une équipe qui donnera une image de renouveau et présenter un programme alléchant à l’électorat.

Nul doute que, Jean-Louis Dufresne étant écarté, les chances de Robert Poéti de réintégrer le conseil des ministres sont en hausse...