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Des restaurateurs abandonnent

Des propriétaires de camions-restaurants se détachent du projet pilote mis en place par la Ville de Québec

Le propriétaire du camion des Recettes Paumées, Étienne Nadeau, déplore le manque d’ouverture de la Ville de Québec. Il n’a pas encore décidé s’il renouvelera l’expérience l’année prochaine.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Le propriétaire du camion des Recettes Paumées, Étienne Nadeau, déplore le manque d’ouverture de la Ville de Québec. Il n’a pas encore décidé s’il renouvelera l’expérience l’année prochaine.

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Le projet pilote sur la cuisine de rue à Québec perd des joueurs, alors que des restaurateurs ont choisi de se retirer de l’aventure.

Le projet pilote de la Ville se termine le 31 octobre, mais déjà, pour le Chic Shack mobile, la décision a été prise récemment de ne pas terminer la saison. « Pour la fin de la saison, ce n’était pas possible pour nous d’opérer sur les sites de la Ville », a indiqué Mikael Garneau, responsable du camion.

Le principal problème est le manque de main-d’œuvre qualifiée. Mais la rentabilité est aussi affectée par le retour au travail. Les gens fréquentent moins les parcs où les camions sont confinés, indique M. Garneau.

sites peu achalandés

« On devrait pouvoir aller sur des sites plus achalandés, plus citadins, sur la rue. Mais ça, on le répète depuis le début. On va privilégier les événements corporatifs où on va faire de l’argent parce qu’on est sûrs qu’il va y avoir du monde. »

Les propriétaires sont en discussion à savoir s’ils recommenceront l’an prochain, mais envisagent sérieusement de se tourner uniquement vers les événements privés.

Même son de cloche chez Étienne Nadeau, chef propriétaire des Recettes Paumées, qui ne pense pas renouveler l’expérience l’an prochain. « Je ne vous ferai pas de cachette qu’avec l’ouverture que la Ville a en ce moment, je ne garantis pas que je vais être là l’année prochaine. Ils n’ont vraiment pas beaucoup d’ouverture. »

Plus payant au privé

Il a été tellement demandé dans des événements privés qu’il n’est sorti que trois jours sur les sites de la Ville et ne voit pas l’intérêt d’y retourner.

Sa meilleure journée lui a apporté une vingtaine de clients. C’est loin de la centaine nécessaire à la rentabilité quotidienne d’un camion, exprime-t-il. « En ce moment, c’est plus rentable de ne pas sortir le truck que de faire le projet pilote de la Ville. »

Plutôt que la formule qui oblige de rester sur le même site pendant une semaine, Étienne Nadeau préférerait changer chaque jour. « J’aime ça me déplacer selon les activités de la ville. »

Food Fighters 504

Radio-Canada rapportait hier les propos du copropriétaire des Food Fighters 504, qui annonçait qu’il vendait son camion, notamment en raison du manque de personnel et des nombreuses contraintes imposées par la Ville. Le maire Régis Labeaume a violemment critiqué le travail de la société d’État, arguant qu’il s’agissait d’une « fausse information ».

« Vraiment, c’est décevant. Pour une société d’État, c’est lamentable », a-t-il tonné.

Radio-Canada a défendu la validité de son reportage et maintient que les propos ont été rapportés de façon juste.

Le Journal a tenté à plusieurs reprises de joindre Philip Hammond et son partenaire d’affaires, Maxime Jacob, sans succès.

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla

Un bilan positif et des éléments à améliorer

Certains restaurateurs dressent un bilan positif de leur expérience de cuisine de rue, même s’ils identifient tout de même des pistes d’amélioration.

Guy Lévesque, de Saga Mobile, a beaucoup apprécié le site du Domaine Maizerets, qui lui apportait un achalandage régulier et qui lui permettait de faire ses frais.

La proximité d’édifices gouvernementaux lui assurait une clientèle fidèle, tandis qu’il bénéficiait aussi de la publicité que le Domaine Maizerets lui offrait en annonçant sa présence sur son site internet.

Il lèvera la main de nouveau si le projet pilote se poursuit. « Le monde a de la misère à comprendre qu’il faut être assidu pour que les gens prennent l’habitude des camions de rue. »

Plus de flexibilité

Mais il aimerait que la Ville donne aux restaurateurs plus de flexibilité pour se déplacer d’un site à l’autre, au lieu de les confiner au même endroit pendant une semaine.

Mario Daigle, de L’Express Gourmet, anciennement Le Gourmet de l’avenue Nordique, à Beauport, est quant à lui très heureux de sa saison, même si la température n’a pas toujours été clémente. Il affirme que le site de l’Étang de la côte, près de l’autoroute Dufferin-Montmorency, lui a permis de faire de bonnes affaires.

« On avait une clientèle déjà établie. Je pense qu’on a un très bon site. On a une belle visibilité. Mais certains sites sont moins viables. »

Pénurie de main-d’œuvre

Au Côtes-à-Côtes Traiteur, on se dit satisfait, même si la pénurie de main-d’œuvre a causé bien des maux de tête, a rapporté la coordonnatrice aux ventes Audrey-Anne Simard.

Elle n’a pas voulu se prononcer sur les intentions des propriétaires pour l’an prochain.