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Pot: beaucoup de questions, peu de réponses

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Le projet de loi du gouvernement fédéral permettra aux citoyens qui le désirent de faire pousser du pot à la maison.

On parle de quatre plants par résidence, d’une hauteur maximale d’un mètre chacun. Comment les policiers vont-ils savoir que j’ai quatre plants dans ma cour, et non cinq ou six ? Ils vont faire des visites inopinées ? Surveiller mon jardin avec un satellite ?

J’imagine l’inspecteur du MAPAQ (dûment formé par l’État pour distinguer les plants de pot de l’herbe à poux) en train de mesurer mes plants...

« Monsieur, celui-là dépasse la limite permise de 12 centimètres, vous devez le trimmer drette là ou bedon on l’arrache... »

MARTINE EN FUME DU BON

Hier, à CHOI RadioX, la chef du Bloc Martine Ouellet m’a dit qu’elle voulait nationaliser l’industrie du pot pour, entre autres, « pouvoir acheter du matériel scolaire avec l’argent amassé ».

Vraiment, on est rendu là ? Vendre de la drogue pour fournir les bibliothèques des écoles ?

Ça va être quoi, bientôt ? Faire des pipes pour payer un deuxième bain hebdomadaire aux vieux ?

Une branlette, une savonnette ? Ouvre ta bouche, c’est pour une douche ?

D’un côté, on dit aux jeunes de ne pas fumer de la drogue. De l’autre, on paierait leur fourniture scolaire en vendant du pot.

Euh... Actuellement, si un père au chômage vend de la drogue pour payer les études de ses enfants, il sera considéré comme un criminel. Mais si c’est l’État qui vend des joints, c’est correct ? Ben coudonc. La prochaine fois qu’une danseuse nue me dira qu’elle se frotte sur un poteau pour payer ses études en droit, je ne rirai pas, juré.

Je penserai à l’État québécois qui vend des joints pour acheter des Petit Larousse aux enfants...

Faut ce qu’il faut pour joindre les deux bouts.

DES PUSHERS SYNDIQUÉS

Certains voudraient que le pot soit vendu à la SAQ.

Vous pensez vraiment qu’on va pouvoir vendre de la mari à un prix concurrentiel avec tous les coûts fixes engendrés par une telle opération ?

Le loyer des succursales, l’électricité, le chauffage, le salaire des commis, les avantages sociaux, le fonds de pension, le marketing, le packaging, la formation du personnel, le transport, l’entreposage...

Vous pensez que le p’tit cul qui vend du pot sur un coin de rue pour les Hells est syndiqué à la CSN et qu’il a une job à vie, avec des congés de maladie, deux semaines de vacances l’hiver et une retraite dorée ? Et que lorsqu’il a un problème avec son boss, il a juste à décrocher le téléphone et à prendre rendez-vous avec la responsable des ressources humaines ? Pas sûr. Avec de telles conditions, le pot va se vendre 15 $ le gramme.

DRÔLE DE CALUMET

Et il y a les Autochtones qui veulent avoir leurs propres règlements.

Après les cigarettes à plumes, les joints à plumes ? Au Dakota, une tribu sioux a décidé de construire un Disneyland du pot sur sa réserve, avec un fumoir, un hôtel et des salles de jeux...

Un futur projet pour Kahnawake ?

Méchant pow-wow...