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Reed et Chapdelaine sous surveillance

Même si ça ne se voit pas dans les résultats sur le terrain, Andrew Wetenhall estime que les Alouettes ont une meilleure structure organisationnelle cette saison.
Photo Martin Chevalier Même si ça ne se voit pas dans les résultats sur le terrain, Andrew Wetenhall estime que les Alouettes ont une meilleure structure organisationnelle cette saison.

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Les Alouettes sont pitoyables depuis un mois. Vaincus quatre fois successivement, ils ont été supplantés par 106 points durant cette séquence. C’est une fiche moribonde et d’une équipe de dernière place.

Leur dossier global de trois victoires contre huit défaites les place au troisième rang dans la faible division Est de la Ligue canadienne. Ils sont plus près de la dernière place que de la tête du classement, mais ils peuvent encore aspirer aux séries éliminatoires.

Cherchez l’erreur.

Mais ça ne cache en rien les problèmes qu’ils éprouvent jusqu’ici cette saison.

Le vétéran quart-arrière Darian Durant, acquis dans une transaction avec les Roughriders de la Saskatchewan l’hiver dernier, ne répond pas aux attentes. Il apparaît comme un joueur en fin de carrière.

Le receveur de passes Ernest Jackson, embauché à titre de joueur autonome, déçoit.

Rien ne va !

Luc Brodeur-Jourdain a porté attention à ses coups roulés, sur le vert d’entraînement.
Photo Martin Chevalier
Luc Brodeur-Jourdain a porté attention à ses coups roulés, sur le vert d’entraînement.

 

Meilleure structure organisationnelle, selon Wetenhall

Qu’en pense le copropriétaire Andrew Wetenhall ?

Tout en se disant déçu et mécontent des résultats obtenus jusqu’ici, il estime que les Alouettes forment une meilleure équipe que l’année dernière.

Comment en arrive-t-il à cette conclusion ?

Dans son esprit, l’organisation est mieux structurée que l’an dernier.

Wetenhall a insisté beaucoup sur cet aspect lorsqu’il a répondu aux questions des journalistes au tournoi de golf de l’équipe, hier, au club Saint-Raphaël de L’Île-Bizard.

Il faut dire que c’est lui qui a promu Kavis Reed au poste de directeur général, en décembre dernier.

Sans parler explicitement de Jim Popp, il l’a écorché au passage en disant que les opérations football sont menées avec plus de doigté et de discipline que par les années passées.

C’était un secret de Polichinelle que Popp fonctionnait à la va-comme-je-te-pousse dans le rôle d’entraîneur en chef. Ça ne faisait pas sérieux et on le sentait moins intéressé aussi dans ses fonctions de directeur général. Il n’était plus le même.

La passion avait diminué.

Nicolas Boulay a démontré du style sur ses coups de départ.
Photo Martin Chevalier
Nicolas Boulay a démontré du style sur ses coups de départ.

 

Après les fleurs, le pot

Mais attention !

Même si Wetenhall a vanté les qualités organisationnelles de Reed et de Jacques Chapdelaine, il ne leur a pas accordé un vote de confiance lorsque interrogé pour savoir si des changements étaient envisageables.

« J’ai répondu à cette question ici même l’an dernier, a-t-il rappelé.

« On évalue notre personnel pratiquement sur une base quotidienne et à chaque année. On peut dire aujourd’hui que personne n’est assuré de son poste. Si on peut aider notre personnel en place en lui apportant de l’aide ou en le changeant, on le fera. »

Tout en disant qu’il ne faut pas nécessairement s’attendre à des changements à court terme, Wetenhall a pris la peine de préciser que le sort des membres de la direction football n’est pas uniquement lié à une participation ou non des Alouettes en séries éliminatoires.

Oh ! Oh !

Rien de rassurant pour Reed et Chapdelaine.

Mais ça s’inscrit dans leur profession. Les deux ont beau être des hommes organisés et appréciés, ils vont payer la note si les résultats ne viennent pas.

Les Wetenhall ne badinent pas avec la défaite. Ils ont procédé à quatre changements d’entraîneur entre 2013 et 2016.

« On veut une organisation gagnante, a ajouté Wetenhall.

« Ça commence au sommet avec Patrick Boivin. On a longuement parlé de la chaîne de commandement. Jacques Chapdelaine se rapporte à Kavis Reed, qui se rapporte à Patrick.

« Ces gens font des évaluations quotidiennement. »

Patrick Boivin, le fils de Pierre, est le jeune président des Alouettes.
Photo Martin Chevalier
Patrick Boivin, le fils de Pierre, est le jeune président des Alouettes.

 

Deux grosses pertes

Pourquoi alors avoir échangé S.J. Green aux Argonauts de Toronto ?

« La question doit être posée à Kavis », m’a répondu Wetenhall.

Que Green ait été échangé pour une raison reliée à l’opération à un genou qu’il a subie l’an dernier ou pour une question d’argent, il connaît du succès avec les Argos. Il vient au deuxième rang dans la LCF au chapitre des passes captées (69) et des verges gagnées (1 002).

Quant à Bear Woods, congédié au petit matin le lendemain de la première journée du camp d’entraînement des Alouettes en juin dernier, il totalise 60 plaqués avec les Argonauts. Ce nombre lui confère le cinquième rang au niveau national.

C’est le genre de perte qui fait mal.

Victoires et émotion

Dans une entrevue qu’il nous avait accordée en février dernier, le jeune président des Alouettes, Patrick Boivin, avait avoué que la clientèle était en mode attente en marge de la saison qui s’en venait.

Les insuccès de l’équipe sur le terrain n’ont pas aidé. La baisse des assistances observée ces dernières années se poursuit.

Les Alouettes montrent une moyenne d’assistance de 19 011 spectateurs par match, ce qui représente 80,9 % de la capacité du stade Percival-Molson.

C’est 6 094 personnes de moins que la moyenne des neuf équipes de la LCF.

« C’est en lien direct avec les performances, a dit Boivin hier.

« Les gens veulent des victoires, mais surtout ressentir de l’émotion. »

Ça n’a pas toujours été le cas dans les derniers matchs. On a vu des joueurs désabusés et indolents certains soirs.

Le fléau des pénalités

L’exécution fait grandement défaut et l’équipe continue à écoper pénalité après pénalité, ce qui dénote un manque de concentration.

C’en est aberrant !

« Je vois la même chose que vous », a répondu Andrew Wetenhall quand on a abordé ce sujet avec lui.

Jacques Chapdelaine et ses adjoints doivent se demander ce que leurs joueurs ont en tête.

Malgré les problèmes, Boivin a espoir de voir de bonnes foules au stade Molson d’ici à la fin de la saison. Le mois de septembre marque le début des matchs présentés le dimanche après-midi à Montréal.

« Les chiffres sont très positifs en vue de notre match de dimanche (contre le Rouge et Noir d’Ottawa), a indiqué Boivin,

« On pourrait enregistrer notre meilleure, sinon notre deuxième meilleure assistance de la saison. On affrontera une équipe privée de son quart-arrière numéro un (Trevor Harris), et ce n’est pas parce que notre division est faible qu’il faut minimiser l’impact de prendre part aux séries. »

Les rencontres du mois de septembre sont populaires, habituellement. C’est agréable d’aller au stade Molson par un bel après-midi d’automne.

Par ailleurs, les Alouettes étudient la possibilité de présenter leurs matchs en soirée en semaine exclusivement, le jeudi soir, à partir de l’an prochain.

« Les gens cherchent des choses à faire le soir durant l’été, a continué Boivin.

« Le jeudi pourrait être pour nous ce que le samedi est au Canadien. »