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Tétrault a parlé de Bibeau à L’UPAC

L’ex-candidat révèle des rencontres à «l’abri des yeux du cabinet» entre Jean Charest et Marc Bibeau

La candidature d’Éric Tétrault n’a jamais fait l’unanimité au sein du PLQ.
Photo d'archives, Didier Debusschere La candidature d’Éric Tétrault n’a jamais fait l’unanimité au sein du PLQ.

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Éric Tétrault, qui était candidat à la partielle dans Louis-Hébert avant d’être largué par le PLQ la semaine dernière, a dit à la police avoir été témoin de liens privilégiés entre l’ancien argentier libéral Marc Bibeau et l’ex-premier ministre Jean Charest.

Selon des documents consultés par notre Bureau d’enquête, M. Tétrault a été rencontré par deux policiers de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en janvier 2015, au quartier général de la Sûreté du Québec.

La rencontre a eu lieu dans le cadre de l’enquête criminelle Machûrer qui vise notamment MM. Charest et Bibeau, de même que l’ex-directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier.

M. Tétrault a été directeur des communications du cabinet de Jean Charest entre 2008 et 2010. « Marc Bibeau pouvait parler au premier ministre quand il le voulait. Ça n’apparaissait pas à l’agenda. C’était à l’abri des yeux des gens du cabinet », ont noté les enquêteurs à la suite de leur rencontre avec l’ex-candidat libéral.

Dès l’annonce de la candidature d’Éric Tétrault au mois d’août dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait dû se défendre de recruter dans la vieille garde de l’ère Charest.

Choix controversé

Le chef de cabinet de M. Couillard, Jean-Louis Dufresne, avait aussi défendu ce choix qui n’a jamais fait l’unanimité au sein du parti, et c’est ce qui a d’ailleurs contribué à sa chute (voir autre texte).

Lors de sa rencontre avec l’UPAC, M. Tétrault a aussi été interrogé sur son passage dans la loge de Lino Zambito au centre Bell, en 2008.

Notre Bureau d’enquête avait révélé le détail de ses déclarations faites aux policiers à propos de cette soirée et le principal intéressé s’était défendu dans d’autres médias. Or, plusieurs contradictions étaient apparues dans ces explications.

Il avait notamment laissé entendre à la radio qu’il avait payé ses billets 1200 $. Pourtant, il avait affirmé le contraire aux enquêteurs. Tout au long de sa campagne éclair pour l’élection partielle, M. Tétrault a refusé les nombreuses demandes d’entrevue de notre Bureau d’enquête.

Relancé après son retrait, il avait accepté de nous rencontrer avant de se désister vendredi. Depuis, il ne répond plus à nos appels et messages.