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Un maire perd en cour contre son adversaire

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Le maire de Saint-Colomban devra verser 12 500 $ à l’un de ses conseillers municipaux pour l’avoir accusé publiquement d’apparence de conflit d’intérêts et d’inconduite.

La lutte aux prochaines élections s’annonce chaude entre le conseiller municipal Xavier-Antoine Lalande et le maire sortant Jean Dumais.

« Ce jugement est une victoire, mais je ne serai satisfait que quand M. Dumais aura remboursé l’argent que cette saga a coûté à la Ville, comme il l’a promis », réagit M. Lalande. Le maire assure ne jamais s’y être engagé. Il dit prendre acte du jugement et en déplorer les conclusions.

<b>Xavier-Antoine Lalande</b><br />
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Xavier-Antoine Lalande
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Avant de devenir rivaux, les deux hommes avaient pourtant fait équipe en 2013 pour prendre la tête de Saint-Colomban, dans les Laurentides.

Leur différend est né en 2014 après l’embauche par le maire d’une conseillère aux communications.

La description de tâches de celle-ci ne correspondait pas à son salaire, selon M. Lalande, qui a alors demandé au Conseil municipal une baisse de salaire de 30 %.
 
Certains collègues de M. Lalande ont plutôt raconté que celui-ci avait dénoncé le fait que sa propre mère, qui était alors cadre à la Ville, gagnait moins que la conseillère aux communications.
 
Pas pour sa mère
 
Le maire s’est opposé à la baisse de salaire affirmant que son conseiller cherchait en fait à « obtenir une augmentation du salaire de [sa] mère », selon la défense en cour de M. Dumais.

Le maire a donc réclamé, en conférence de presse, la démission du conseiller municipal, prétextant une apparence de conflit d’intérêts.

Refusant de quitter son poste, M. Lalande a plutôt mis en demeure le maire de déposer une plainte contre lui à la Commission municipale du Québec. Le conseiller a été blanchi en 2016. Il a en retour déposé une poursuite en Cour supérieure contre M. Dumais pour atteinte à sa réputation.

Le tribunal a donné raison la semaine dernière à M. Lalande, reprochant notamment au maire d’avoir accusé le conseiller municipal sans preuve solide. M. Dumais a été condamné à lui verser 12 500 $.

« La page est enfin tournée et je passe en mode campagne électorale », a commenté le maire par courriel.

Quant à M. Lalande, il dit ne pas pouvoir imaginer une réélection de son adversaire après un tel jugement.

« La cour vient de montrer qu’il avait manqué de prudence. Je trouve indécent qu’il ose se représenter », dit-il.