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CAE perd un contrat majeur

Son concurrent américain conteste et obtient les 450 millions $ US

Des membres de la US Air Force avaient célébré le dernier vol du drone MQ-1 Predator, avant que ce dernier ne soit remplacé par le MQ-9 Reaper. Le contrat de CAE avec l’armée américaine prévoit la formation des pilotes sur les MQ-9 Reaper.
Photo d’archives Des membres de la US Air Force avaient célébré le dernier vol du drone MQ-1 Predator, avant que ce dernier ne soit remplacé par le MQ-9 Reaper. Le contrat de CAE avec l’armée américaine prévoit la formation des pilotes sur les MQ-9 Reaper.

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Alors que les entreprises canadiennes font l’objet de menaces protectionnistes de l’administration Trump, voilà qu’un autre leader québécois de l’aviation pourrait s’engager dans une lutte commerciale aux États-Unis. CAE vient de se voir retirer un contrat majeur de 450 millions $ US (548 M$) par l’armée américaine et n’écarte aucun recours.

L’entreprise montréalaise avait pourtant célébré en grande pompe, en janvier, cet accord avec l’armée des États-Unis, qui prévoyait qu’elle assurerait la formation et l’entraînement en classe, sur simulateur et en vol, des pilotes d’hélicoptères de la U.S. Army. L’annonce devait mener à la création de 300 emplois à Fort Rucker, en Alabama. Mais cela n’aura pas lieu.

CAE USA a révélé hier qu’« à la suite de contestations quant à l’octroi initial, le contrat de service de soutien aux instructeurs pour le programme Initial Entry Rotary-Wing a été accordé à l’entreprise qui avait précédemment le contrat », c’est-à-dire URS Federal, une filiale de la multinationale AECOM.

Les autorités de l’Accountability Office (le bureau de l’imputabilité) du gouvernement américain ont tranché que c’est l’offre de l’ex-fournisseur qui aurait dû être retenue, plutôt que celle de CAE. URS offrait en effet cette formation depuis 1989.

Contestation en vue

« Déçue de cette décision de l’armée américaine », CAE évalue actuellement toutes les avenues possibles afin de contester à son tour cette décision.

« Quand on aura davantage d’information, on va déterminer ce que l’on fait », a ajouté en entrevue au Journal Pascale Alpha, directrice des communications mondiales de l’entreprise.

Mme Alpha a tenté de relativiser l’importance de cette décision, affirmant qu’il s’agit d’« un contrat parmi d’autres » pour CAE, qui se spécialise dans la formation pour pilotes et membres de l’équipage.

Comme il avait été contesté dès son annonce, aucune embauche n’a eu lieu en Alabama ni au Québec.

Nouveau coup dur

Cette annonce est un nouveau coup dur pour l’industrie québécoise de l’aviation. Bombardier fait actuellement l’objet d’un recours devant le département du Commerce des États-Unis, Boeing l’accusant d’avoir vendu ses avions C Series à des prix anormalement bas.

C’est sans compter la menace qui plane sur le secteur du bois d’œuvre, entre autres, depuis que Donald Trump a annoncé son intention de rouvrir l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

La ministre de l’Économie du Québec, Dominique Anglade, a décliné la demande d’entrevue du Journal à cet égard, son bureau soulignant qu’il s’agit d’un conflit entre deux entreprises. Même son de cloche du côté de la Caisse de dépôt et placement, 11e actionnaire en importance de CAE, avec 1,6 % des actions.

​Le contrat perdu

Un contrat de 450 M$ US sur 9 ans

  • Les instructeurs de CAE auraient assuré l’entraînement et la formation en classe, sur simulateur et en vol des pilotes d’hélicoptères de la U.S. Army.
  • 300 embauches à Fort Rucker, en Alabama, étaient prévues.
  • L’annonce a été contestée  et invalidée  par AECOM, un compétiteur.