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La télé prévient, mais elle ne s’abstient plus

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En ce début de saison, alors que je visionne tout ce que nos principales chaînes de télévision ont à offrir – beaucoup plus d’ailleurs que ce que mes yeux peuvent regarder —, je me rends compte que presque toutes les séries de fiction sont maintenant précédées d’une notice.

Ce sont des mises en garde contre des scènes de violence, du langage ordurier, de la nudité ou d’autres turpitudes. C’est par ces notices, bien hypocrites quant à moi, que les diffuseurs jouent à Ponce Pilate et se dédouanent de ce qu’ils présentent sur leurs écrans.

Il serait plus simple pour les diffuseurs d’entamer leur programmation quotidienne par une mise en garde générale prévenant qu’ils ne sont pas responsables de ce qu’on verra à leur écran durant la journée. Comme se déresponsabilisent les restaurateurs pour les vêtements qu’on laisse au vestiaire ou les « parkings » où on gare son auto !

C’EST POUR QUAND LE FENTANYL ?

À moins d’exception, à 19 h, seuls les bébés sont couchés. Est-ce nécessaire que les autres enfants (dont les parents se débarrassent souvent en ouvrant la télé) regardent les ébats sexuels des personnages de Trop ? Ou qu’ils se fassent l’oreille aux sacres répétés des personnages féminins de la série ? Est-ce utile qu’ils voient s’échanger de l’ecstasy ou du hasch comme on s’échangeait autrefois les cigarettes ? J’imagine qu’on remplacera bientôt ces drogues ringardes par le fentanyl. C’est plus à la mode et les conséquences sont tellement plus dramatiques.

Montrer une scène osée en cours d’émission ne suffit plus. On la reprend ensuite dans des émissions comme Les échangistes ou Tout le monde en parle, tout en discourant sentencieusement du fait que la télévision nous débarrasse de notre pudibonderie, qu’elle fait tomber les tabous et permet à notre société de progresser.

L’ÉTHIQUE A PRIS LE BORD

Il n’y a pas si longtemps, on reléguait après 21 h toute émission montrant des scènes de violence, de la nudité ou du langage outrancier. C’est triste de l’écrire, mais c’est la SRC qui a ouvert toutes les vannes avec un viol collectif dans Virginie, un furet dans le cul chez Les Bougon, l’attaque d’une école dans 19-2, etc., etc. On retrouve même sur des sites pornos certaines des outrances d’Unité 9, une série que Radio-Canada diffuse pourtant à 20 h.

La télévision nous prévient que des scènes dépassent les bornes, mais elle ne s’abstient surtout pas de les montrer. La primauté des cotes d’écoute a balayé depuis l’éthique sous le tapis. À Radio-Canada plus que partout ailleurs.

MISÈRE DE MISÈRE !

Dieu ! que notre pauvre langue en arrache à la télé comme à la radio. Vendredi dernier, lors de la spéciale Y’a du monde à messe pour la rentrée de Télé-Québec, Pierre-Luc Funk (Mammouth 2017) a par deux fois parlé de « vingt-z-actions inspirantes ». Hier, à Puisqu’il faut se lever, au 98,5, Pierre Curzi a parlé de « quatre-z-hôpitaux » et de « quatre-z-institutions ».

Où allons-nous si Pierre Curzi, président de l’Union des Artistes durant huit ans et ancien porte-parole du Parti québécois en matière de langue, ne sait plus que « quatre » est toujours invariable, et que l’animateur de notre seule télé éducative ignore que « vingt » se met au pluriel seulement lorsqu’il est multiplié. Pluriel que vingt perd dès qu’il est suivi d’un autre adjectif numéral. À votre grammaire, M. Funk !

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

À Montréal, ça sent la coupe tous les mois de septembre, mais l’odeur ne passe jamais l’hiver.