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Légalisation de la marijuana: Barrette veut que «les muffins au pot» soient aussi encadrés par la loi fédérale

Le sujet largement discuté par les libéraux réunis à Val-d’Or.

Les «muffins au pot» et autres produits dérivés ont été oubliés dans le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana, regrette le ministre Gaétan Barrette, une «lacune» qui illustre bien qu’Ottawa va trop vite dans ce dossier, selon lui.
Photo Simon Clark Les «muffins au pot» et autres produits dérivés ont été oubliés dans le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana, regrette le ministre Gaétan Barrette, une «lacune» qui illustre bien qu’Ottawa va trop vite dans ce dossier, selon lui.

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VAL-D’OR | La vente de «muffins au pot» et autres produits dérivés n’est pas encadrée dans le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana, regrette le ministre Gaétan Barrette, une «lacune» qui illustre bien qu’Ottawa va trop vite dans ce dossier, selon lui.

«Le haschich, les muffins au pot, on rit là, mais c’est parce que des produits (dérivés), il y a en a une panoplie, [...] alors pour nous, ça pose un enjeu», a déclaré le ministre de la Santé, jeudi, à l’entrée du caucus préssessionnel libéral où il a largement été question du sujet, jeudi.

Selon le projet de loi déposé au printemps dernier par le gouvernement Trudeau, ce n’est qu’une fois la marijuana légalisée, à l’été 2018, que le fédéral entreprendra un projet de règlement qui autorisera éventuellement la vente de produits de cannabis comestibles.

Pour le ministre Barrette, cet oubli démontre à quel point le gouvernement Trudeau essaie de faire vite afin de légaliser le cannabis à temps pour la date butoir prévue du 1er juillet prochain.

Trop vite

«C’est beau arriver et puis dire le 1er juillet 2018, mais [un tel dossier] ça ne se règle pas de façon expéditive comme ça. Il y a des enjeux», a pesté M. Barrette, avant de rejoindre les siens pour débattre du sujet.

Pratiquement rien, toutefois, n’a filtré des discussions sur cet important enjeu qui ont occupé une bonne partie des échanges entre les députés du caucus libéral réunis à Val-d’Or.

En fin de journée, la ministre responsable du dossier, Lucie Charlebois, s’est empressée de quitter sans prendre les questions des journalistes à ce sujet.

Un peu plus tôt, la ministre a répété qu’elle souhaitait d’abord prendre connaissance des résumés des différentes consultations qui ont été menées au cours des dernières semaines avant d'annoncer quoi que ce soit.

Du pot à la maison

Un autre des enjeux qui a été soulevé concerne le pot cultivé à la maison, un sujet largement évoqué par les différents experts qui se sont prononcés lors des consultations publiques, a commenté le ministre Barrette.

Même si le projet de loi fédéral prévoit de permettre de cultiver jusqu’à quatre plants d’une hauteur maximale d’un mètre, rien n’indique que le Québec en permettra autant.

«Alors d’en avoir, de ne pas en avoir, d’en avoir deux, d’en avoir quatre... Comment ça se contrôle cette affaire-là, a soulevé le ministre de la Santé. [...] Les policiers d’ailleurs l’ont évoqué eux-mêmes : une loi à un moment donné, il faut que ça soit applicable.»

«Toutes les possibilités sont sur la table, de zéro à quatre plans», a signalé de son côté la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a quant à lui qualifié de «contradictoire», la position de la Coalition avenir Québec qui suggère de confier la vente du pot à la SAQ, alors que les caquistes militent depuis longtemps pour la privatisation de la société d’État.

«Il n’est pas question de vendre le cannabis dans les succursales de la SAQ. Pas question de faire ça», a-t-il réitéré.

Ce que prévoit le projet de loi fédéral

Légaliser, en date du 1er juillet 2018:

  • le cannabis séché et frais
  • l’huile de cannabis
  • les graines et les plants (4x 1m max) pour culture personnelle
  • la fabrication à domicile de produits comestibles à des fins personnelles et sans solvant sera permise

Suivant l'entrée en vigueur de la loi proposée, Ottawa élaborera et publiera un règlement afin d'autoriser la vente de produits comestibles.