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L’illusion de l’indépendance partisane de Trump

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L’entente entre Donald Trump et les démocrates du Congrès pour débloquer des fonds d’urgence pour la reconstruction au Texas donne l’impression que le président peut s’affranchir de ses liens avec le parti républicain. C’est une illusion.

La semaine dernière, alors qu’on commençait juste à apprécier l’ampleur des dégâts causés par la tempête Harvey au Texas et que l’ouragan Irma approchait la Floride, le président Trump s’entendait avec les démocrates du Congrès pour débloquer un fonds d’urgence de 15 milliards $.

Le Congrès acceptait simultanément de relever le plafond de la dette jusqu’en décembre, pour éviter la paralysie du gouvernement fédéral.

Certains commentateurs ont été prompts à claironner que le président venait de pivoter vers l’indépendance en démontrant qu’il pouvait être au-dessus des partis.

Illusion d’indépendance

S’il est vrai que Donald Trump a été élu aux dépens de l’establishment du parti républicain, il n’en demeure pas moins que son élection a été très largement tributaire de la cohésion de l’électorat républicain et, étant donné la toxicité de la marque Trump dans l’électorat démocrate, les chances de faire de nouveaux gains de ce côté sont minimes.

Il y aura d’autres occasions de faire des « deals » avec les démocrates, qu’il s’agisse de la reconstruction à la suite de Harvey et Irma ou d’autres sujets qui n’activent pas les divisions partisanes.

De telles ententes seront pourtant l’exception plutôt que la règle.

Solidement à droite

Qu’il s’entende avec les démocrates sur la reconstruction ou les infrastructures ne changera rien au fait que tout ce que Donald Trump a accompli ou projette accomplir s’aligne avec l’idéologie sociale, économique et environnementale actuelle du parti républicain.

On en verra la démonstration avec la réforme de la fiscalité, qui dominera le programme législatif de l’automne et qui devrait correspondre à la priorité des républicains, soit l’allégement du fardeau fiscal des mieux nantis et des entreprises.

Frères siamois

La dépendance mutuelle entre Trump et les républicains est beaucoup plus forte que les alliances tactiques que Trump pourrait faire à l’occasion avec les démocrates.

Il est évident que les républicains se réjouissent d’avoir un président qui signe tous leurs projets de loi. Même s’il faut amadouer quelques démocrates pour passer outre à la règle de super-majorité qui prévaut au Sénat, les succès législatifs du président dépendent avant tout de la cohésion des législateurs républicains.

Qui plus est, la dépendance du président envers l’aile législative de son parti dépasse amplement son besoin de garnir un bilan législatif encore modeste.

En effet, si l’affaire des liens entre sa campagne et la Russie continue de progresser, Trump ne pourra pas se passer de l’appui solide des républicains du Congrès, qui seraient son dernier rempart contre la destitution.

Le parti républicain est désormais le parti de Trump. Il faut être bien naïf pour croire qu’une entente conclue avec les démocrates dans des circonstances bien exceptionnelles pourra séparer ces frères siamois.