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L’industrie mondiale s’inquiète d’un ralentissement

L’industrie mondiale s’inquiète d’un ralentissement
AFP

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LONDRE | L’Association nucléaire mondiale s’est inquiétée jeudi du ralentissement du rythme de fabrication des réacteurs dans le monde, au moment où cette industrie fait face à la concurrence accrue des énergies renouvelables.

«Le monde n’est pas sur le chemin qui permettrait d’offrir une électricité fiable et bon marché à la population de la planète, tout en respectant nos objectifs environnementaux», a expliqué la directrice générale de l’Association nucléaire mondiale, Agneta Rising, à l’ouverture de son symposium annuel à Londres.

Elle a certes noté qu’une dizaine de gigawatts de capacité de production nouvelle avait été mise en fonctionnement l’an passé dans le monde, comme en 2015, soit le rythme de mise en service le plus élevé depuis 25 ans - même si au final en 2016, la part du nucléaire dans la production d’électricité mondiale a stagné à 10,5%.

Mais Mme Rising a souligné que le rythme d’augmentation des capacités nucléaires allait «diminuer», mettant à mal l’objectif de l’industrie nucléaire de produire 25% de l’électricité mondiale en 2050 - objectif qui nécessite la mise en service d’un millier de gigawatts supplémentaires.

Dans un rapport publié il y a deux jours, l’association a reconnu que la croissance de la production de l’électricité nucléaire, 1,4% en 2016, était bien moindre que celles des énergies éolienne, 16%, et solaire, 30%.

L’association a aussi constaté que les prix des énergies renouvelables avaient dernièrement atteint des records de compétitivité au Mexique, aux Emirats Arabes Unis ou encore aux États-Unis, où leurs prix sont même désormais inférieurs à ceux du nucléaire.

Afin de doper la construction de nouveaux réacteurs, Mme Rising a appelé les gouvernements et le secteur à oeuvrer à trois changements: la reconnaissance du nucléaire comme une technologie à faible émission en carbone, la prise en compte des inquiétudes en terme de sécurité pour mieux convaincre les populations et une harmonisation des régulations.

L’association Kick Nuclear, dont des membres diffusaient des tracts à l’entrée de la conférence, a appelé pour sa part «à ne pas perdre son temps et son argent pour une technologie du passé».

«L’industrie sexagénaire du nucléaire n’a connu que hausse des coûts et retards en cascade», a-t-elle souligné, rappelant en outre que des accidents nucléaires avaient eu lieu notamment à Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011.