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PLQ: Toujours attaquer les syndicats

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Le PLQ collé au patronat

Commençons, si vous le voulez bien mes amis, par un fait démontré et indéniable : depuis très longtemps, le Parti libéral du Québec est le parti du patronat. C’est le parti politique au Québec qui recueille toujours le plus de fonds de l’establishment, qui compte le plus de députés et de ministres issus du privé -qui retournent au privé après leur service politique-, qui dénombre le plus de lobbyistes et qui était le parti le plus prisé par les corrupteurs.

Tiens, tiens, certains Thomas de l’Évangile ne me croient toujours pas. À ces incultes, que dites-vous de ces titres d’article de journaux? «Le milieu des affaires se réjouit du Cabinet Couillard» (Le Devoir, 24 avril 2014). Et puis, il y a les propriétaires de Power Corp. et de La Presse qui ont exulté leur joie à l’élection de Philippe Couillard en 2014 : «Power Corporation. Les Desmarais optimistes après les élections [du PLQ] au Québec» (La Presse, 16 mai 2014). Les Desmarais aiment bien le PLQ et ils ne sont pas des ingrats. Ils ont même invité l’ex-premier ministre Jean Charest et sa famille à séjourner à leur château : «Charest refuse [on le comprend, car c’est inacceptable] de dire s’il a dormi à Sagard» (Le Journal de Montréal, 7 février 2012). Ben oui, il a peut-être dormi quelques nuits au domaine des Desmarais dans Charlevoix, mais il ne faut pas voir là aucune tentative d’influence et de faveur. Tiens, finissons par celle-ci, même si j’en ai plein d’autres qui illustrent la véritable nature du PLQ : «Commission Charbonneau. Le PLQ, véhicule politique favori des corrupteurs» (Le Devoir, 28 octobre 2014).

Toujours attaquer les syndicats en signe de lâcheté

Le PLQ a, depuis longtemps, attaqué continuellement les syndicats pour faire le brave et pour se faire une belle jambe auprès de l’élite économique. Trop facile et même lâche d’agir ainsi alors qu’au même moment le PLQ s’écrase toujours face au chantage de ses amis du privé, soit ceux qui sont plus puissants que l’État et qui dictent les priorités gouvernementales.

Face aux réserves exprimées à la création d’un ordre professionnel des enseignants suggéré par les jeunes libéraux, qui ne règlerait rien [comme l’exemple de la multiplication des professeurs qui ne sont que des remplaçants], monsieur Sébastien Proulx a servi un avertissement aux syndicats : «Moi, je n’accepte pas les menaces» (Le Journal de Montréal, 13 août 2017). Fais-moi rire Sébastien. Le PLQ n’accepte pas les soi-disant menaces de la population et des syndicats, mais accepte et comprend les menaces toujours «légitimes» des pharmaceutiques, des alumineries, de Bombardier, des forestières, etc. Le méchant loup libéral se transforme alors en petite brebis soumise.

Ah ces syndicats d’enseignants, voilà qu’en plus de faire supposément des menaces, ils font ceci de très laid : «Négociation en éducation. Les syndicats déforment la réalité déplore Québec [Le PLQ]» (Le Devoir, 16 janvier 2015). Les syndicats sont tout le contraire du patronat qui dit toujours la vérité? Même les corrupteurs ne mentent jamais. Oh, oh, attendez, ce n’est pas fini. Après les menaces, la réalité déformée et dénaturée par les syndicats, voilà que, toujours selon les libéraux, ils tiennent la population et les parents en otage. Jamais les grosses entreprises comme les pétrolières, les pharmaceutiques, les banques, les forestières et les mines ne font ça. Toujours s’en pendre ainsi aux syndicats et les accuser de tous les maux relèvent de l’obsession idéologique et de la soumission la plus totale à l’establishment. Tellement pathétique et petit d’agir de la sorte pour quelque gouvernement que ce soit : «Garderies. Les parents pris en otage par les grèves, dénonce Québec [Le PLQ]» (La Presse, 16 octobre 2014). Les parents des enfants en garderie tenus en otage par les syndicats ou par le gouvernement? C’est drôle, ces mêmes parents ont marché dans la rue avec les syndicats pour se battre contre l’austérité libérale. Mais les pharmaceutiques qui provoquent des pénuries organisées de médicaments contre le cancer en vue de faire exploser les prix ne tiennent pas du tout en otage la population et les malades, je suppose? Et Bombardier, les alumineries, Jean Coutu, etc. qui menacent toujours de «flyer» s’ils n’ont pas leurs bonbons?

Ce n’est pas fini. Après les menaces, la désinformation et la prise d’otage, il y a quoi d’autres chez nos syndicats ? Ah oui, Couillard a trouvé quelque chose d’autre à redire : «Forum des idées. Couillard critique le "corporatisme" des syndicats» (La Presse, 28 septembre 2015). Ben non, et vous le savez fort bien, le patronat ne verse jamais dans le corporatisme, une autre plaie qui afflige les syndicats. Le corporatisme est un fléau «structurel» chez les syndicats. À monsieur Couillard et à ses ministres qui disent n’importe quoi en termes d’inepties et même de menteries, je vais leur adresser une pensée profonde énoncée par nul autre que Philippe Couillard lui-même : «Bien sûr, avec la liberté d’expression vient la possibilité de dire des conneries et parfois des horreurs» (Le Devoir, 2 septembre 2017).

Et ça ne date pas d’hier

Toujours s’attaquer aux syndicats et encenser le patronat, ces créateurs de richesse, c’est le sport national du PLQ. Même les jeunes libéraux aiment varger sur les «privilèges» des syndicats comme dans : «Les jeunes libéraux proposent l’abolition de la formule Rand [rien que ça]» (Le Devoir, 3 août 2004). Tellement braves ces libéraux face à la population et aux syndicats qui n’ont pas les moyens de les corrompre, de les financer ou de les employer comme lobbyistes ou dirigeants. Jean Charest en était un exemple parfait de cette petitesse : «Seul un gouvernement libéral peut tenir tête aux syndicats. Le PQ donne le vertige aux Québécois, dit le premier ministre» (Le Devoir, 17 octobre 2005). Et seul un gouvernement libéral peut se vanter de : «Jean Charest et les patrons sur la même longueur d’onde.» (La Presse, 23 juin 1998). Idem avec Couillard.

Le PLQ fait toujours confiance aux fraudeurs

La collusion et la corruption au Québec pratiquées par les entreprises a coûté aux contribuables québécois entre 30 et 50 milliards de dollars, rien que ça : «Collusion et corruption. D’abord rembourser» (Le Devoir, 29 juin 2013). Mais le PLQ adopte une approche différente, plus conciliante et plus compréhensible envers le privé que celle qu’il emprunte face aux syndicats : «Fraudes. Québec mise sur la bonne foi des entreprises» (Le Devoir, 14 novembre 2013). Incroyable, mais vrai, le PLQ qui mise sur la bonne foi de fraudeurs! Avec cette attitude qui frise la complicité, et qui s’en remet à la «bonne foi» des fraudeurs pour rembourser les milliards de dollars escroqués à la population ordinaire ça donne évidemment ceci : «Le retour de l’argent de la collusion se fait attendre. Le programme de remboursement volontaire [et confidentiel] ne connaît pas le succès escompté» (Le Devoir, 3 mai 2017). Hon! Pas ben grave, afin de compenser, le PLQ va augmenter les tarifs d’électricité, tarifier davantage les services publics, augmenter la TVQ et/ou couper davantage dans les programmes sociaux. Faut surtout pas irriter les fraudeurs en leur demandant de rembourser l’argent volé. Et faut surtout pas penser à des peines de prison pour ces grands bonzes de ce monde comme cela est pourtant la règle aux États-Unis et en Europe.