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Un syndicat obligé de défendre un voleur

Un membre ayant dérobé 300 000$ a été congédié

Les 400 employés de Viandes duBreton, de Rivière-du-Loup, ont ap
Photo courtoisie Les Viandes duBreton transforment des porcs en plusieurs produits alimentaires.

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Un syndicat sera obligé de défendre un de ses membres qui l’a floué pour 300 000 $.

Les 400 employés de Viandes duBreton ont appris en juin dernier qu’ils s’étaient fait voler 300 000 $ par un membre du comité exécutif de leur syndicat.

Or, l’homme a été récemment congédié par l’entreprise et a demandé au syndicat de le défendre pour qu’il puisse récupérer son emploi. Le Code du travail oblige le syndicat à le défendre, même si le membre lui doit 300 000 $.

Selon nos informations, les employés de l’entreprise de Rivière-du-Loup trouvent « ordinaire » que leurs cotisations syndicales servent à défendre l’homme qui leur a déjà volé 300 000 $.

Entente

Durant tout l’été, le syndicat a tenté d’en venir à un accord avec l’homme pour que le montant soit remboursé.

«La priorité numéro un, c’est vraiment de recouvrer les sommes», confirme Nancy Legendre, présidente du Conseil central CSN Bas-Saint-Laurent.

<b>Nancy Legendre</b></br>
<i>Présidente CSN Bas-Saint-Laurent</i>
Photo courtoisie
Nancy Legendre
Présidente CSN Bas-Saint-Laurent

Comme aucune entente n’était intervenue au début du mois d’août, la CSN dit avoir porté plainte à la Sûreté du Québec, et l’enquête pour fraude suivrait son cours.

Peu de temps après, l’homme a signé une reconnaissance de dette et une entente de remboursement, qui devraient permettre de recouvrer les sommes, assure Nancy Legendre.

Congédiement

Le syndicat ne peut agir «de mauvaise foi ou de manière arbitraire ou discriminatoire à l’endroit des salariés», dit l’article de loi du Code du travail.

À ce jour, même si l’individu a signé un accord de remboursement et a reconnu sa dette, il n’a été ni arrêté ni accusé au criminel.

«On rappelle que c’est le syndicat et non l’entreprise qui a été fraudé. La loi est claire, nous avons l’obligation de le représenter», précise Mme Legendre, qui en 20 ans d’activités syndicales n’a jamais vu une telle situation, qu’elle juge «peu banale».

Impossible de connaître la teneur de la lettre de congédiement et ce que l’entreprise reproche à l’employé. On ne sait pas si le congédiement est lié au vol.

«Tout ce que je peux vous dire, c’est que la personne a demandé à être défendue», mentionne Nancy Legendre.