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Au paradis du chevreuil

Campeau
Photo courtoisie L’île aux chevreuils a toujours fait rêver les adeptes. Chantal Poulin et Michel Threlfall exhibent des cerfs de Virginie capturés au cours d’une journée de chasse bien remplie.

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Au cours des quatre dernières décennies, la Sépaq a développé un immense terrain de jeu dans l’île d’Anticosti. Un véritable paradis du chasseur qui s’étend sur 4085 km, avec plus de 1700 km de routes et 2700 km de sentiers. Des chiffres qui en font la plus grande pourvoirie de chevreuil au monde.

Dans l’île, on retrouve plus de 100 000 bêtes réparties sur une superficie de 7943 km². Henri Menier ne devait pas se douter de cela il y a plus d’un siècle, quand il a introduit 220 cervidés sur le lopin de terre ceinturée d’eau de 222 km de longueur par 56 de largeur!

Nouveau concept

On retrouve aujourd’hui une trentaine de zones de chasse à la Sépaq Anticosti, variant de 50 km² à plus de 580. Chaque chasseur peut normalement exploiter un territoire exclusif d’une quinzaine de km².

Les quelque 90 employés s’affairent à recevoir annuellement environ 2300 clients, soit près de 160 par semaine de chasse. Ces derniers ont le choix d’opter pour un forfait américain ou pour un plan européen guidé ou pas.

Le nouveau directeur de la Sépaq Anticosti depuis l’an dernier, Michel Threlfall, a déjà été propriétaire d’une pourvoirie de chasse au caribou dans le Grand Nord.

Riche de cette expérience, il a tenu à bonifier l’offre de Sépaq Anticosti de façon à la rendre encore plus invitante et avec l’aide de son équipe, il a mis sur pied un nouveau concept très populaire de forfaits allongés. Ainsi, les gens se déplacent maintenant à l’île pour sept jours au lieu de cinq, et ce, au même prix que l’an passé.

Plus petits

Si vous êtes de ceux qui croient que les chevreuils d’Anticosti sont plus petits que sur le continent, vous avez raison. En fait, ils sont de 15 % à 20 % moins corpulents. Toutefois, lorsqu’on y pense, moins du tiers des chasseurs de la Belle Province réussissent à déjouer la bête ciblée alors qu’à l’île, vous avez le droit d’en capturer deux. Le taux de succès officiel est de 1,7 cerf par détenteur de permis. Il faut comprendre que plusieurs adeptes sont très sélectifs et patients, et espèrent très longtemps qu’un gros huit ou dix pointes se présente à portée de tir. Les amateurs se laissent souvent tenter par une femelle ou par un veau, pour la tendreté de leur chair et ils attendent par la suite un spécimen bien panaché.

Même si les hivers 2014 et 2015 ont été particulièrement dévastateurs, on peut voir la capacité du cheptel à se reproduire, car on dénombre de nombreux faons cette année.

N’ayant aucun prédateur, les cerfs Menier sont souvent moins farouches et sont actifs aussi bien de jour que de nuit.

Notre expérience

Il y a quelques jours, je me suis rendu à Port-Menier pour un séjour éclair dans un secteur que je connais bien, le Sainte-Marie. Voici le dénouement de mon aventure.

À mon arrivée, les prévisions météorologiques étaient on ne peut plus maussades. On annonçait quatre jours de pluie avec des accumulations pouvant atteindre 60 mm et des violents vents. Comme si ce n’était pas assez, nous étions dans la période de la pleine lune, ce qui réduit normalement l’activité diurne.

Le premier jour, après seulement 30 minutes de chasse, mon partenaire de chasse interceptait un mâle mature couronné d’un beau panache avec 10 pointes. Nous étions alors gonflés à bloc. Malheureusement, nous n’avons vu que quatre autres cervidés de petite taille pour le reste de la journée.

Le mercredi matin, alors qu’il y avait un déluge, nous avons sillonné les routes de notre territoire. En matinée, nous avons vu un buck avec quatre pointes, mais nous n’avons pas eu le temps de faire feu. Le reste de la journée, nous avons vu huit bêtes que nous avons refusé de capturer, car elles étaient trop petites.

Le jeudi, il a plu encore abondamment. Les arbres se sont gorgés d’eau, tout comme le sol. Les chevreuils sont alors comme des fantômes, car ils sont cachés sous les épinettes en attendant une meilleure température. Nous n’en avons vu que trois hors de portée de tir. À la toute fin de la journée, le ciel s’est dégagé et nous avons vu une belle lune illuminer le firmament.

À notre dernier jour de chasse, il nous a été facile de conclure que les cerfs avaient été actifs toute la nuit, car il n’y a eu aucune activité avant le début de l’après-midi. Puis, en seulement trois heures, nous avons prélevé deux petits mâles avec des panaches minimes, et une belle grosse femelle.

Retenons toutefois que malgré les pires conditions qui pouvaient affecter le comportement du gibier, mon compagnon de chasse et moi avons vu un total de 28 chevreuils et revenons avec chacun deux cervidés et de la succulente viande.

Dans de meilleures situations, nous aurions dû voir un minimum de 12 à 15 bêtes chacun par jour.

Pour en savoir plus sur cette île enchanteresse, qui propose des forfaits à compter de 1600 $, composez le 1 800 463-0863 ou visitez le site sepaq.com/anticosti

Bien caché et protégé

Campeau
Photo courtoisie

Au fil des temps, les employés de Sépaq Anticosti ont installé près de 160 caches au sol sur l’ensemble de leur territoire. Cette année, l’équipe a installé 83 nouvelles caches sur des structures solides à 2,5 mètres de hauteur. Ces dernières sont positionnées à des endroits stratégiques où le gibier passe fréquemment. L’amateur peut s’y introduire et attendre que les chevreuils viennent à proximité de tir. En plus d’avoir une meilleure vision globale du site exploité, l’adepte est à l’abri de la pluie, du vent et du froid.