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Comme «un marchand de bonheur»

La chronique mondaine de Pierre Gingras est toujours parmi les pages les plus populaires du Journal

Pierre Gingras
Photo Agence QMI, Simon Clark Pierre Gingras estime consacrer en moyenne trois heures par jour à sa populaire chrtonique. II avait succédé à Jean Gravel (en mortaise) en décembre 2003.

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Le 1er décembre 2003, Pierre Gingras s’attaquait à tout un défi : reprendre le flambeau du grand Jean Gravel, qui avait fait de la chronique mondaine du Journal l’une des pages les plus lues du quotidien depuis 26 ans. Quatorze ans plus tard, il est toujours là et toujours aussi passionné.

« Le plus beau feedback que j’ai, c’est de faire plaisir aux gens. Cette force-là qu’a Le Journal en matière de visibilité... Pour des gens, se voir dans Le Journal, c’est la fin du monde ! » raconte Pierre Gingras, qui compare un peu son travail à celui d’un « marchand de bonheur ».

Sa page Échos sur la ville, publiée du lundi au samedi, permet à des gens de tous les horizons d’obtenir une visibilité gratuite qu’ils ne pourraient avoir autrement dans Le Journal, rappelle-t-il.

Publier photos et textes braquant les projecteurs sur des activités de financement, des anniversaires de mariage ou des exploits particuliers, notamment, a été pendant plus d’un quart de siècle la mission de Jean Gravel. Ce véritable monument du Journal a rendu l’âme en 2011, sept ans après avoir écrit sa dernière chronique.

« Mon mandat était d’apporter ma couleur à moi, de rajeunir un peu la page », explique Pierre Gingras.

« Les premiers six mois, j’ai trouvé ça rough, parce que je n’avais pas de réseau de contacts. Faire une page, ça me prenait un temps fou. C’était de prendre un beat », se remémore l’homme de radio de 62 ans, qui a finalement trouvé son rythme de croisière après un an.

Les courriels à la rescousse

L’échotier le souligne, son travail a grandement été facilité par le développement des technologies au fil des ans.

« À l’époque, je recevais du courrier postal, des fax... La boîte vocale du téléphone aussi, c’était l’enfer ! » se rappelle M. Gingras. Maintenant, je reçois cinq ou six téléphones par semaine. Ça se passe très majoritairement par courriel. »

Des courriels, il en reçoit une quarantaine par jour. Le chroniqueur doit trier les demandes... et parfois dire non, même s’il trouve toujours la tâche déchirante.

Étonné chaque fois

Pierre Gingras, qui travaille à son bureau, chez lui, estime consacrer en moyenne trois heures par jour à sa chronique. Il se fait un point d’honneur d’effectuer le suivi des demandes, assurant ainsi un certain « service à la clientèle », soulève-t-il.

« Je ne suis pas obligé de le faire, mais je trouve ça utile et je trouve que ça fait partie de ma job », affirme le chroniqueur, qui explique avoir également le souci de faire rayonner des gens de l’extérieur de Québec quand il en a l’occasion.

Près de quatorze ans après avoir sauté dans l’aventure, Pierre Gingras se dit toujours aussi passionné.

« C’est valorisant. Et ça m’étonne chaque fois que les gens nous reconnaissent grâce au Journal », souligne celui qui se fait souvent parler de sa fameuse chronique qui trône toujours parmi les pages les plus lues du Journal.

« Ça coûte combien ? »

C’est la question que Pierre Gingras se fait poser le plus souvent, lorsqu’il reçoit une demande de publication. « Les gens ne le savent pas encore et pourtant, ça a toujours été gratuit, mentionne l’échotier du Journal. Quand je leur dis que ça ne coûte rien, les gens sont étonnés de ça ! »

Semer du bonheur

Pour certains, se retrouver en vedette dans la page Échos sur la ville peut vraiment avoir un impact dans leur vie. C’est le cas d’un couple dont la fille avait souhaité souligner l’anniversaire de mariage de ses parents. « Le témoignage de la dame, je me le rappellerai toujours, raconte Pierre Gingras. Ses parents avaient fondu en larmes en voyant leur photo dans Le Journal, et le téléphone s’était mis à sonner... Ils avaient reçu des appels d’amis dont ils avaient perdu la trace depuis longtemps. Elle m’avait dit : “M. Gingras, vous n’avez pas fait sa journée, à mon père, vous avez fait son année.” »