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Trois femmes «kidnappées» par l’affaire Hearst

Lola Lafon
Photo courtoisie Lynn S.K. Lola Lafon

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Après avoir connu un succès remarquable avec La Petite Communiste qui ne souriait jamais, un roman vendu à plus de 120 000 exemplaires, l’écrivaine et musicienne française Lola Lafon propose pour la rentrée littéraire Mercy, Mary, Patty. Le kidnapping de Patricia Hearst, petite-fille du magnat de la presse W.R. Hearst, est en toile de fond.

En février 1974, Patricia Hearst fut enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire. L’affaire connut un revirement inattendu lorsqu’elle décida d’épouser leur cause. Cet événement spécial va aussi « kidnapper », dans le roman, l’existence de trois femmes de générations différentes : une Américaine et deux Françaises, qui cherchent à comprendre le fond de cette histoire.

Lola Lafon propose, avec sa plume magnétique, une relecture fascinante de l’affaire Hearst et de son impact politique et médiatique. « Ce roman, ce n’est pas l’histoire de Patricia Hearst. Elle est en filigrane, mais c’est plus l’histoire de trois femmes, de trois générations, qui sont touchées tour à tour par l’histoire de Patricia Hearst. C’est plutôt la façon dont son procès révèle des questions qui vont bouleverser Violaine, Gene Neveva et la narratrice.

Lola Lafon<br>
<i>Mercy, Mary, Patty</i><br>
Éditions Actes Sud, 224 pages environ
Photo Courtoisie Editions Actes Sud
Lola Lafon
Mercy, Mary, Patty
Éditions Actes Sud, 224 pages environ

« Ce qui est intéressant, c’est que c’est une histoire qui se reproduit au fil des siècles – c’est là-dessus que j’ai construit mon roman. La figure de la jeune fille captive des “barbares” de son époque et qui finalement, à la surprise générale, décide que sa famille, c’est là. Et que finalement, elle est libre avec eux. Cette figure se reproduit au 18e siècle, au 19e siècle. Patricia est un exemple incroyable parce que son discours est passionnant : il remet en cause ses parents et nous remet en cause aussi. »

Affection pour Violaine

Lola Lafon aime beaucoup le personnage de Violaine, une jeune étudiante de lycée spécialisée en anglais, chargée par Gene Neveva de dépouiller les archives du procès Hearst. « J’ai beaucoup de tendresse pour elle, parce que d’elle, on n’a rien à dire. C’est censé être positif, mais c’est affreux, en fait.

« C’est quelqu’un qui n’est pas remarquable au premier abord, quelqu’un qui est discret, une jeune fille qui n’est pas politisée, et pourtant, c’est celle qui va tout comprendre. C’est Violaine qui entendra la vraie Patricia. C’est une histoire d’adolescente à adolescente. Elle comprend qu’en vérité Patricia n’est pas tout à fait prisonnière. Neveva ne peut pas l’accepter, ne peut pas l’entendre. »

Très intéressant aussi de faire en sorte qu’une jeune Française examine le procès d’une jeune Américaine. « J’y ai pensé longuement. On est dans un endroit – Les Landes – qui est, pour les Parisiens, tout à fait exotique. Les plages ressemblent à celles de l’Amérique du Nord. »