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Culture: Ottawa abdique

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Alors que Québec prépare son plan d’action en lien avec le renouvellement de la politique culturelle, Ottawa abdi­que déjà sur certains enjeux au cœur des débats québécois. En effet, la minis­tre Mélanie Joly a annoncé qu’il était hors de question de taxer les Netflix de ce monde.

Pourtant, en janvier dernier, le gouvernement Trudeau semblait plutôt pencher vers la taxation de ce nouveau service. La volte-face de la ministre n’a donc rien de rassurant pour le développement de la culture pour les créateurs et les consommateurs.

Le numérique, paradis fiscal

Certes, il n’est pas facile d’imposer des taxes à des géants comme Netflix ou Amazon. Cela nécessite une enten­te entre plusieurs pays pour que le Canada ne se retrouve pas isolé dans sa position. Et surtout pour que le Canada ait un levier de négociation avec ces géants du numérique. Autrement, ce seront encore les consommateurs qui payeront.

Cependant, comme le réclamait un regroupement de plusieurs organismes du monde culturel québécois et canadien cette semaine, il en va de l’avenir de notre production et de notre réalisation de contenus nationaux. Nos entrepreneurs culturels payent déjà ces taxes et c’est dans un souci d’équité que le gouvernement canadien doit revoir sa position.

Le gouvernement Trudeau doit montrer qu’il est capable de défendre l’intérêt de ses citoyens, il ne doit pas toujours abdiquer avant même d’avoir essayé de négocier.

Québec dénonce

Le ministre Luc Fortin a signé une lettre dans Le Devoir hier pour dénoncer la position d’Ottawa sur le refus de taxer des contenus numé­ri­ques étrangers. En rappelant la détermination de Québec dans ce dossier, il mettait en lumière les discours contradictoires des deux gouvernements sur la façon de protéger nos créateurs d’ici.

À défaut de pouvoir décider par nous-mêmes, je suis de son avis : Québec doit faire pression sur Ottawa pour que la ministre Joly revienne sur sa décision.