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Des centaines de Madrilènes défendent le «droit à décider» des Catalans

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Plusieurs centaines de personnes ont assisté dimanche à Madrid à une réunion de soutien au référendum interdit par la justice sur l’indépendance de la Catalogne le 1er octobre, a rapporté un journaliste de l’AFP.

L’événement avait lieu dans un petit théâtre du quartier de Lavapiés dans le centre de la capitale après qu’un tribunal a interdit sa tenue dans un centre culturel appartenant à la mairie.

Depuis la convocation du référendum par le gouvernement indépendantiste catalan le 6 septembre, les institutions espagnoles ont multiplié les interdictions et actions visant à empêcher sa tenue, la justice l’ayant déclaré anticonstitutionnel.

«Face à leur interdiction, notre détermination !», a lancé Jordi Cuixart, président de l’association indépendantiste Omnium Cultural, applaudi par le public à l’intérieur et à l’extérieur du théâtre, où des enceintes diffusaient les discours.

«Nous avons besoin, plus que jamais, de votre solidarité. (...) Ce que nous vivons aujourd’hui, c’est un véritable processus de rupture, pacifique et démocratique», a-t-il ensuite déclaré devant les sympathisants restés dehors faute de places.

«Liberté d’expression !» ; «Droit à décider !» ; «Nous n’avons pas peur !», ont scandé les participants dans la rue sous le regard de plusieurs policiers.

Des personnes agitaient des bulletins de vote pour le référendum. Au même moment, la Garde civile a annoncé avoir perquisitionné les locaux d’une entreprise produisant du matériel de propagande permettant le vote: bulletins, affiches...

Dimanche, le quotidien El Pais a de son côté publié une double page contenant un appel de personnalités comme l’écrivain Javier Marias ou l’actrice Marisa Paredes appelant à l’abstention face à ce référendum qu’elles qualifient d’ » escroquerie antidémocratique ».

Malgré l’opposition de Madrid, le gouvernement catalan se montre déterminé à organiser le vote et à déclarer l’indépendance de la région si le oui l’emporte.

«Ce n’est plus une question de Catalans et d’Espagnols, c’est une question de qualité de la démocratie», selon Maria José Hernandez, graphiste de 40 ans rencontrée par l’AFP dans la foule à l’extérieur.

«C’est un acte pour la liberté d’expression : nous souhaitons que l’on défende ici publiquement le droit de célébrer ce référendum», avait déclaré plus tôt à la radio Cadena Ser le politologue de gauche Jaime Pastor, un des organisateurs.

La société catalane est profondément divisée sur l’indépendance : lors des élections régionales de septembre 2015, les listes indépendantistes avaient obtenu 47,8% des suffrages exprimés. Les partis non indépendantistes ont obtenu quelque 52,2% des suffrages.