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Les promesses d’enfants

ART-LES ROIS MONGOLS
Photo Agence QMI, Dario Ayala Luc Picard en compagnie des quatre acteurs principaux de son film, Anthony­­­­­ Bouchard, Alexis Guay, Milya Corbeil-Gauvreau et Henri Picard.

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Avec Les Rois mongols, son quatrième film comme réalisateur, Luc Picard porte à l’écran le roman Salut mon roi mongol ! de l’auteure Nicole Bélanger, un récit touchant sur l’enfance et la perte d’innocence se déroulant sur fond de crise d’Octobre 1970 : « Cette histoire-là est venue me chercher », révèle en entrevue l’acteur et cinéaste, qui signe ici son œuvre la plus personnelle depuis son premier film, L’audition.

Luc Picard était âgé de 9 ans quand l’armée a débarqué dans les rues de Montréal, pendant la crise d’Octobre. L’acteur et réalisateur de 55 ans se souvient avoir suivi ces événements d’un regard curieux et naïf, sans vraiment comprendre ce qui se passait.

« Les jeunes qu’on voit dans le film, c’est ma génération, rappelle Luc Picard. Je viens de Lachine, alors la vie de ruelle qu’on voit dans le film, je connais ça. J’y ai mis beaucoup de souvenirs d’enfance. Dans le livre de Nicole Bélanger, j’ai aimé le regard des enfants qui observent les événements d’octobre 1970 sans trop comprendre ce qui se passe. C’est un peu comme ça que j’avais vécu ça à l’époque »

Le film Les Rois mongols raconte donc l’histoire de Manon (Milya Corbeil­Gauvreau), une adolescente de 12 ans qui tente du mieux qu’elle peut de s’occuper de son petit frère Mimi (Anthony Bouchard). Avec un père atteint d’un cancer et une mère qui n’a pas les moyens de s’occuper seule des enfants, Manon s’attend à ce qu’elle et Mimi soient envoyés d’un jour à l’autre dans des familles d’accueil.

Pour éviter d’être séparée de Mimi, elle élabore un plan en s’inspirant des événements de la crise d’Octobre­­­. Avec leurs deux cousins Martin (Henri Picard­­­) et Denis (Alexis Guay), Manon et Mimi kidnapperont une vieille dame et s’enfuiront en campagne avec elle, dans l’espoir d’y vivre tous ensemble sans craindre d’être séparés.

« Ce sont les producteurs du film qui m’ont approché il y a trois ou quatre ans pour me parler de ce projet, explique Luc Picard. J’avais bien aimé le roman. Je trouvais qu’il y avait quelque chose de l’univers de Réjean Ducharme dans ce livre, et c’est quelque chose qui me touche beaucoup. L’idée des promesses d’enfant quand on devient adulte était déjà présente dans mon premier film L’audition (sorti en 2005). Donc, c’est venu me chercher ».

Six semaines d’auditions

Luc Picard savait dès le départ que l’une des clés de la réussite de son film serait de trouver les quatre jeunes acteurs pour jouer les rôles principaux de son film.

« Je savais dès le départ que si je ne trouvais pas les acteurs, je n’avais pas de film, a expliqué le cinéaste. Il fallait non seulement en trouver quatre qui étaient capables d’être là et d’être vrais, mais il fallait aussi qu’ils soient bons et qu’il y ait une chimie entre eux. »

C’est la raison pour laquelle le processus d’audition a duré plus de six semaines : w« Dès que j’ai trouvé les quatre acteurs, je les ai invités à quelques reprises chez moi pour qu’ils passent du temps ensemble et pour leur montrer des films dont je voulais qu’on s’inspire comme Stand By Me ou Les Ordres. J’ai été chanceux parce que la chimie s’est tout de suite installée entre eux. Ils se sont aimés tout de suite. Il me restait juste à filmer ça et à les laisser vivre devant la caméra. »

Le tournage du film a aussi été émouvant pour Luc Picard dans la mesure où le cinéaste y a dirigé pour la première fois son fils de 16 ans, Henri, qui joue le personnage de Martin. Comme les autres acteurs du film, Henri a dû faire ses preuves avant d’obtenir le rôle.

« Il a passé les deux auditions et il a été excellent, relate Luc Picard. Les filles qui faisaient le casting du film m’ont dit : désolé, Luc, mais c’est lui le meilleur pour le rôle. Henri a un tempérament artistique et il m’a toujours posé des questions sur le jeu. J’ai eu des inquiétudes avant de lui confier le rôle, mais c’était surtout des inquiétudes de père parce qu’il allait devoir manquer l’école pendant plusieurs jours. Mais il a bien fait ça. »


► Le film Les Rois mongols prend l’affiche­­­ vendredi prochain (le 22 septembre)