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Les Québécois ont perdu 340 000 années de vie

Les maladies, meurtres et suicides enlèvent des milliers d’années potentielles

Les accidents de la route augmentent le nombre d’années de vie perdues. Plus une personne meurt à un jeune âge, plus l’impact sera important sur le nombre d’années de vie perdues. Par exemple, un décès à 35 ans représente 40 années de vie perdues.
Photo d’archives Les accidents de la route augmentent le nombre d’années de vie perdues. Plus une personne meurt à un jeune âge, plus l’impact sera important sur le nombre d’années de vie perdues. Par exemple, un décès à 35 ans représente 40 années de vie perdues.

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Les meurtres, suicides, accidents et maladies font perdre chaque année des milliers d’années de vie aux Québécois. Selon les plus récentes statistiques de l’Institut national de santé publique du Québec, ce sont pas moins de 340 000 années potentielles de vie qui ont été perdues en une seule année.

Le nombre d’années potentielles de vie perdues (APVP) est calculé en faisant la différence entre le seuil de 75 ans et l’âge du décès de chaque individu. Ainsi, une personne qui meurt à 35 ans aura perdu 40 ans de vie potentielle.

Mais à quoi peut bien servir ce genre de données ? « Les décès avant 75 ans sont considérés comme des décès prématurés. L’avantage de cet indicateur, c’est qu’il cumule l’ensemble des décès », indique la démographe Marie-Hélène Lussier. Selon elle, il permet de connaître l’état de santé plus général des Québécois. Une stagnation ou une hausse de ces chiffres voudraient dire que l’état de santé des Québécois ou les risques de mourir vont en augmentant.

En baisse

Heureusement, depuis le début des années 1980, on a plutôt assisté à une baisse du nombre d’APVP. Sans surprise, ce sont les hommes qui arrivent en tête avec 203 044 années perdues en 2013, contre 136 630 pour les femmes. « La mortalité totale chez les hommes est toujours plus élevée que chez les femmes, depuis la nuit des temps. Que ce soit les taux de suicide, de mortalité dans les accidents de la route ou dans pratiquement toutes les causes de décès, les hommes ont un taux de décès plus élevé », explique la démographe.

Heureusement, le nombre d’années potentielles de vie perdues a baissé de plus de la moitié chez les hommes, passant de 12 965 par 100 000 personnes en 1981 à 5303 en 2013.

Chez les femmes, ce nombre est passé de 6287 à 3606 durant la même période.

Devant les États-Unis

Comparativement aux autres provinces canadiennes, le Québec arrive respectivement deuxième et troisième chez les hommes et les femmes. Là où la différence est la plus flagrante, c’est par rapport aux États-Unis. Là-bas, le nombre d’années potentielles de vie perdues est une fois et demie plus important qu’ici. « On se console en se comparant aux États-Unis », dit Marie-Hélène Lussier. Elle ne sait toutefois comment expliquer cet écart, hormis le fait que les Américains se classent régulièrement au bas du tableau pour les indicateurs de mortalité parmi les pays développés.

Les années potentielles de vie perdues en chiffres

Hommes (pour 100 000 personnes)

2013            5303

1995             9469

1981            12 965

Femmes (pour 100 000 personnes)

2013          3606

1995          4914

1981           6287

Comparaison avec les autres provinces, hommes et femmes*

3369 femmes      2012     BC

5218 hommes     2012     BC


3514 femmes      2012     QC

5269 hommes     2012     QC


5096 femmes    2012       MAN

7178 hommes    2012      MAN

Source : Institut national de santé publique du Québec

*Données pour 2012, mises à jour en mars 2017, nombre d’années par 100 000 personnes