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Yes: à l’épreuve du temps

Yes, avec Jon Anderson, Trevor Rabin et Rick Wakeman, ravit les nostalgiques du rock progressif

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Quand il s’agit de Yes, le temps n’a pas d’emprise. Ni sur la capacité des vétérans du rock progressif à offrir des versions impeccables des grands titres de leur répertoire ni sur la dévotion de leurs fans de Québec.

Après la mouture menée par Steve Howe en 2014 (qui vient d’interrompre sa tournée à la suite du décès tragique de son fils Virgil), c’était au tour du Yes featuring Jon Anderson, Trevor Rabin et Rick Wakeman de venir titiller la fibre nostalgique des fervents de rock progressif, lundi soir, dans un Grand Théâtre qui a vibré de plaisir.

Vibrer ? Le mot n’est pas trop fort. Chaque chanson était appréciée dans un silence religieux avant d’être saluée par une ovation. Le manège s’est répété toute la soirée.

Il faut dire que les trois membres de cette mouture de Yes, secondés par les excellents Louis Moleno III (batterie) et Lee Pomeroy (basse), affichaient la forme des beaux jours. Difficile de croire que le groupe fêtera ses 50 ans l’an prochain. Et pourtant, a rappelé un Jon Anderson bien en voix après avoir joué South Side of the Sky, « j’ai écrit et composé cette chanson avant la naissance de la plupart d’entre vous ».

Anderson, Rabin et Wakeman, affublé d’une cape dorée lui donnant le look d’un lutteur professionnel, n’ont pas déployé l’artillerie lourde immédiatement. Perpetual Change et Hold On ont plutôt servi à mettre la table pour And You and I, premier grand coup de la soirée avec un Anderson qui la chantait comme s’il en avait fait un hymne au lien qui unit le groupe à ses fans.

Vaste répertoire

Yes a ratissé assez large. On a évidemment revisité les années 1970 en puisant dans The Yes Album, Fragile et Close to the Edge, mais on a aussi fait un clin d’œil à l’album Talk, paru en 1994, avec une version très réussie d’I Am Waiting.

La dernière heure a été réservée aux poids lourds. Heart of the Sunrise d’abord, qui a permis à Lee Pomeroy de se mettre en valeur, puis l’épique Awaken, qui a pris une dimension quasi spirituelle grâce aux claviers de Wakeman, seul musicien éclairé sur la scène pendant la longue portion instrumentale du titre.

Le riff d’ouverture d’Owner of a Lonely Heart, en version étirée au maximum, a ensuite fait bondir le Grand Théâtre, qui a pu voir les musiciens se rapprocher du public. Au rappel, l’accueil a été aussi spontané pour Roundabout, point final d’une généreuse prestation de deux heures.