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Pourquoi je ne suis pas féministe

Pourquoi je ne suis pas féministe

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Récemment, un homme de mon entourage m’a suggéré un sujet de chronique et c’est de ça dont je vais vous parler aujourd’hui. Pas de son idée de sujet parce que ça, c’était absolument inintéressant. Ce qui a retenu mon attentation en revanche, c’est la façon dont il a abordé son idée. Il m’a appelé et m’a dit : 

«Je sais qu’il y a des niochons qui te traitent de féministe, mais moi, j’ai le sujet parfait à te proposer pour leur prouver que t’en es pas une !» 

Quand j’ai eu fini de saigner du nez, j’ai réalisé que même si la plupart des gens sont pleins de bonnes intentions, il y a encore une couple de petits cocos qui sont mêlés ben raide. J'ai donc décidé de me mettre au service des «niochons qui me traitent de féministe» et de vous offrir mon guide du féminisme... Mieux! Mon petit guide du féminisme, parce qu’on le sait, une femme c’est discret, faible et ça voudrait surtout pas se casser un ongle en essayant de soulever un GROS guide du féminisme. 

Féminisme : Idéologie choquante et extrémiste selon laquelle les femmes devraient être considérées comme égales aux hommes sur le plan politique, économique et social.  

C’est tout. Aucune misandrie, aucun désir de domination, et aucune sorcellerie qui nous fait pousser le poil des jambes et qui nous rend lesbienne. Le seul bémol c’est qu’effectivement, on ne pourra jamais vraiment atteindre l’égalité physique puisqu’à la base,  les femmes ont plus à endurer, qu’elles ont évidemment plus de couilles que les hommes. Ne partez pas en peur, je plaisante! (Oui, les féministes aussi savent le faire. De toute façon, des couilles, c’est comme la masculinité...c’est très fragile! Personnellement, je ne suis  pas triste de pas en avoir, parce que notre minuscule orifice à nous, il est capable de vous expulser l’équivalent d’une dinde d’action de grâce pouvant substanter une famille de huit.  Ça fait qu'on repassera pour le «sexe faible».

Parenthèse ! Certains croient qu’au lieu de dire «féminisme», on devrait dire «égalitarisme» ou «humanisme» parce que ça sonne plus inclusif. Sauf que justement, l’intérêt du terme « féminisme » est qu’il donne de la visibilité aux femmes ! C’est précisément ce mot là qui nous permet enfin d’avoir un rôle dans notre propre libération. On s’est tellement souvent fait sauver par des maudits princes, quand même bien que deux trois princesses se montrent les seins pour dénoncer quelque chose, au moins elle ne sont pas en train d’attendre dans leur tour de pierres que le plafond de verre explose tout seul par miracle. 

Compliment : Nom masculin. Paroles polies ou louangeuses qui font d’autant plus plaisir à recevoir quand elles soulignent autre chose que notre physique.  

N.B : Terme à ne pas confondre avec le harcèlement sexuel. Par exemple, si tu es mon patron de 64 ans et que tu me dis que «ma robe est belle, mais que ce qu’il y a en dessous est surement encore plus beau», c’est inapproprié et ça ne me fait absolument pas plaisir de t’imaginer bander mou en me regardant travailler. Je sais que tu n'es pas méchant et que tu pensais bien faire, mais ce qui est super, c’est que contrairement à ton acouphène, ton ignorance, elle se guérit. 

Zone grise : Ça je l’ai cherché dans le dictionnaire, mais je ne l’ai pas trouvé. On dirait que ça existe juste pas. Quand je l’ai tapé sur Google, tout ce qu'on m’a suggéré était soit «Mythe inventé par des gros douchebags finis qui ont aucune notion du consentement» ou bien «Voulez-vous plutôt dire Gerry Sklavounos». 

Mansplaining. Désigne la situation où un homme se croit en devoir d'expliquer à une femme quelque chose qui la concerne directement, généralement de façon paternaliste et/ou condescendante.  
Synonymes : Ferme ta boîte, je sais comment ça fonctionne un tampon merci, ou encore, si t’essaies de m’expliquer qu’une fille habillée sexy ça «court après», moi je vais t’expliquer un œil au beurre noir d’assez près! 

D’ailleurs, c’est souvent les "mansplanners "qui nous font cadeau de la douce expression «Ce ne sont pas tous les hommes qui... ». Ce ne sont pas tous les Allemands qui sont des nazis. Ce ne sont pas tous les chemins qui mènent à Rome, et ce ne sont pas tous les épisodes de 30 vies qui ont été écrits par Fabienne. Voulez-vous d’autres évidences niaiseuses  ou bien on commence à comprendre le concept? 

Si vous pensez encore que c’est «niochon» d’être féministe, parce que vous croyez que l’égalité est déjà atteinte, c’est vrai, y’a eu des progrès. 

En 1960, on a accordé aux femmes le droit d’accéder à des études supérieures. Sans ça, aujourd’hui on ne pourrait pas aller à l’université et travailler d’arrache-pied pour voir presque tous les postes de cadres occupés par des hommes, souvent moins formés que nous. 

En 1964 les femmes ont eu droit de posséder leur propre compte en banque! Youpi! Sans ça, aujourd’hui on n’aurait nulle part où mettre les 80 cents qu’on fait pour chaque dollar gagné par un homme. 

En 1969 on a donné aux femmes la permission d’aller dans les bars! Olé! Sans ça, aujourd’hui on ne pourrait pas aller boire un verre et se faire droguer au GHB, avant de se faire violer, pour nous demander par après ce qu’on portait, parce qu’au sujet du consentement, notre guénille pèse encore plus fort que nos mots. 

Ça fait que si vous me demandez pourquoi moi ça ne me gêne pas de dire haut et fort que je suis féministe, pourquoi ce n’est pas insultant et pourquoi je n’ai pas à prouver que je n’en suis pas une, c’est pour ça; Parce qu’on a encore tellement de chemin à faire. Et quitte à devoir marcher ce chemin là, moi je veux pouvoir dire que j’ai été de celles qui l’ont fait debout.

Vous pouvez entendre Rosalie Bonenfant sur les ondes du 107,3 Rouge tous les vendredis matins 7h30. Cliquez ici pour voir son segment en direct.