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L’inspiration du vin

Le film <i>Retour en Bourgogne</i> a été tourné sur une période de douze mois dans un vignoble de Bourgogne.
Photo courtoisie Le film Retour en Bourgogne a été tourné sur une période de douze mois dans un vignoble de Bourgogne.

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Après avoir filmé Barcelone dans sa comédie culte L’auberge espagnole, Saint-Pétersbourg dans Les poupées russes et New York dans Casse-tête chinois, le cinéaste français, Cédric Klapisch, est sorti des grandes villes pour tourner son nouveau film, Retour en Bourgogne, une fresque familiale se déroulant dans le milieu viticole français et qui est née de sa passion pour le vin.

Tourné sur une période d’un an, Retour en Bourgogne raconte l’histoire d’un jeune homme, Jean (Pio Marmaï), qui après avoir fait le tour du monde pendant une dizaine d’années, retourne au vignoble familial où il a grandi pour retrouver son père malade. À la mort de ce dernier, Jean décidera de passer une année complète au vignoble pour aider sa sœur (Ana Girardot) et son frère (François Civil) dans la production du vin.

Les acteurs Pio Marmaï, François Civil et 
Ana Girardot, de gauche à droite, dans le film <i>Retour en Bourgogne</i>.
Photo courtoisie
Les acteurs Pio Marmaï, François Civil et Ana Girardot, de gauche à droite, dans le film Retour en Bourgogne.

De passage à Montréal plus tôt cette semaine, Cédric Klapisch a expliqué qu’il souhaitait depuis longtemps faire un film inspiré de sa passion pour le vin. Il avait d’ailleurs ce projet en tête avant même d’avoir tourné il y a cinq ans Casse-tête chinois, le dernier volet de sa trilogie amorcée en 2002 avec L’auberge espagnole.

« Je me suis demandé pendant longtemps pourquoi le vin était un produit aussi spécial, indique le cinéaste en entrevue au Journal.

« Le vin est quand même le seul produit qui existe auquel il y a des dieux associés : Dionysos pour les Grecs et Bacchus pour les Romains. C’était aussi une façon pour moi de parler des rapports entre un fils et son père, parce que j’ai été initié au vin par mon père quand j’étais jeune. Finalement, le vin a été le point de départ du film. Mais le film ne parle pas que de vin. Il parle de la famille, de la fraternité, de la France profonde et de l’identité française. »

Un tournage différent

Comme l’histoire de Retour en Bourgogne (sorti en France sous le titre Ce qui nous lie) se déroule sur une année complète, Cédric Klapisch a exigé de pouvoir tourner son film sur une période d’un an. Afin de pouvoir bien montrer à l’écran les quatre saisons et les différentes étapes de la production du vin, le tournage du film a donc eu lieu pendant douze semaines, réparties sur un an.

Cédric Klapisch souhaitait depuis ­longtemps faire un film inspiré de sa passion pour le vin.
Photo courtoisie, Emmanuelle Jacobson-Roques
Cédric Klapisch souhaitait depuis ­longtemps faire un film inspiré de sa passion pour le vin.

« J’ai dit à mon producteur que c’était le luxe du film et qu’il n’y aurait rien de cher dans la production, à part le temps qu’on passait à le tourner », explique Klapisch.

« On a pu se permettre ce luxe parce qu’on a tourné dans un village, avec peu d’acteurs et qu’il n’y a pas vraiment de stars dans le film. C’était intéressant parce qu’après avoir terminé une portion du tournage, on se retrouvait parfois cinq mois plus tard pour poursuivre le tournage. Ce n’est pas quelque chose qu’on a souvent la chance de faire.

« Mais ce qui me plaît dans le cinéma, c’est justement de pouvoir inventer chaque fois des règles du jeu différentes. Il n’y a pas de mode d’emploi établi qu’il faut suivre chaque fois. Un film est la recherche d’une grammaire et d’un langage. Et chaque fois, il faut essayer de trouver un langage différent. »

Charmante région

En posant sa caméra sur les paysages bucoliques de la Bourgogne, Cédric Klapisch a voulu brosser un portrait réaliste de la région, sans tomber dans le piège du film carte postale.

« J’ai eu ce genre de crainte tout au long de ma carrière », admet le réalisateur du Péril jeune et de Chacun cherche son chat.

« Quand j’ai fait Casse-tête chinois, j’ai eu peur que les New-yorkais voient le film comme une carte postale de New York. Dans ce cas-ci, je ne voulais pas que les Bourguignons voient mon film comme une vision d’un Parisien sur leur région. Mais heureusement, ça n’a pas été le cas. Le film est resté à l’affiche trois mois en Bourgogne, ce qui n’était jamais arrivé avec aucun film avant. J’ai réussi à faire pleurer beaucoup de Bourguignons. J’ai reçu beaucoup de lettres de gens par la suite qui me remerciaient de la façon dont j’avais décrit leur région. C’est quelque chose qui me rend très fier. »


► Le film Retour en Bourgogne prend l’affiche vendredi.