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Lisée ouvre les fenêtres

POL-PARTI QUÉBÉCOIS
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Hier matin, en faisant ma revue de presse, j’ai appris une nouvelle qui m’a ravi.

J’ai su que Jennifer Drouin, fondatrice des Anglophones pour un Québec indépendant et, depuis peu, membre de l’exécutif national du Parti Québécois, va briguer l’investiture pour porter ses couleurs dans Sainte-Marie-St-Jacques.

Je connais Jennifer depuis longtemps. Elle faisait partie de mon exécutif alors que j’étais président du Comité national des jeunes. Née en Nouvelle-Écosse il y a 40 ans, elle a découvert le Québec en venant étudier à Trois-Rivières. Professeure de littérature, spécialiste de Shakespeare, elle parle la langue de Molière dans un magnifique accent chantant et enthousiaste, qui a peut-être un peu à voir avec l’Université de l’Alabama, où elle enseignait depuis quelques années.

Il y a plus de treize ans que Jennifer est active dans les instances du PQ. Elle souhaite mettre son bagage sans pareil au profit de la diversité des origines et de la diversité sexuelle dans une circonscription taillée sur mesure pour elle.

Une victoire de l’aile jeunesse

Peu de gens l’ont remarqué, mais le dernier congrès du Parti Québécois a été l’occasion de procéder à un renouvellement d’une ampleur qu’on n’a jamais vue dans l’histoire de la formation politique.

Vous apprendrez à connaître Gabrielle Lemieux, la présidente du Parti. Âgée de 31 ans, la nouvelle maman est gestionnaire dans le secteur de la santé. Candidate à l’élection partielle dans Saint-Henri–Sainte-Anne, elle a déjà une longue feuille de route dans le parti. Moi, je la connais pour l’avoir vue s’impliquer dès son plus jeune âge au sein du Comité national des jeunes du Parti Québécois (CNJPQ).

C’était il y a douze ans ! Ça ne nous rajeunit pas...

Elle n’est pas la seule, à venir de l’aile jeunesse, toutefois. Des dix membres élus du nouvel exécutif national, cinq en ont été des officiers. Le président de la commission politique, Alexis Gagné-Lebrun, 36 ans, a été vice-président contenu lorsque j’étais président ; la trésorière, Élise Péloquin, 35 ans, s’était présentée dans mon équipe (elle est par ailleurs une vétérane de l’exécutif, y siégeant depuis 2013) ; un conseiller, Frédéric Saint-Jean, 32 ans, fut un de mes successeurs.

Sans oublier Dave Turcotte, député de Saint-Jean, qui fut mon collègue autour de la table des représentants régionaux. Avec la jeune députée Catherine Fournier (Marie-Victorin 2016) et la récente élue Mireille Jean (Chicoutimi 2016), il représente le caucus des députés au sein de cette instance.

Ce nouvel exécutif incarne tout un succès pour le CNJPQ des quinze dernières années, dans sa volonté énoncée par plusieurs de ses anciens cadres (moi ! Et beaucoup d’autres...) d’en faire une pépinière pour renouveler l’ensemble de la structure du parti.

Un exécutif jeune

Ce serait déjà bien si l’aile jeunesse pouvait s’enorgueillir de tout le renouvellement de l’instance dirigeante du Parti Québécois. Bonne nouvelle pour ce dernier, ce n’est même pas encore le cas.

Sur l’exécutif national, on trouve aussi Claudel Pétrin-Desrosiers, étudiante en médecine âgée de 25 ans qui a fait seule son chemin vers les plus hautes instances. Autre visage rafraichissant, Ève-Marie Thaï Thi Lac, 45 ans, ancienne députée du Bloc maskouto-vietnamienne, répond à l’appel.

Issus respectivement des circonscriptions de Mercier et de Laval-des-Rapides, le vice-président à l’organisation Marc Desnoyers, 32 ans, et le secrétaire Jocelyn Caron, 35 ans, sont également là. Le premier est un vieux routier des instances du parti. Le second se surprenait à voix haute lors de son élection de participer à sa deuxième instance nationale. Comme quoi quiconque souhaite faire sa place dans le parti de René Lévesque peut y parvenir.

Avec tout ça — et en tenant compte que le président actuel du CNJPQ, Marc-André Bouvette, siège sur l’exécutif national — la moyenne d’âge des membres de cette instance est de 35 ans. L’âge médian est le même. Quatre personnes sont issues du secteur public, une est étudiante, une autre est retraitée (il s'agit de Daniel Brassard, 70 ans, de Jonquière) et cinq travaillent dans le secteur privé.

Suis-je le seul à trouver que ça ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait généralement du Parti Québécois ?

Ouvrir les fenêtres

Plusieurs ont raillé ce qui serait le faible succès de Paul Saint-Pierre-Plamondon à faire adopter ses propositions visant à « Oser repenser le PQ ». Or, le futur candidat dans Prévost remarquait que plusieurs de ses suggestions qui n’avaient pas été retenues, notamment sur la diversité et le renouvellement des instances, trouvaient déjà application dans les faits.

C’est exactement ce que ce nouvel exécutif national démontre.

Surtout, plusieurs personnes qui feraient d’excellentes candidatures pour les élections générales, comme Jennifer Drouin qui se lance.

Tout ça pour dire que le PQ de Jean-François Lisée, ce parti qu'on dit si mal en point, ce parti dont on annonce la mort (encore), on voit qu’il attire toujours plein de gens diablement intéressants.

Du monde qui ont des responsabilités dans la vie, qui ont une existence bien remplie et qui n’ont manifestement pas besoin des réunions de l’exécutif national du Parti Québécois pour occuper leurs vendredis soirs.

Des personnes qui ne sont pas désœuvrées, qui pensent encore que de s’investir au PQ, en 2017, ça peut être une décision intelligente.

Mine de rien, Lisée ouvre les fenêtres du PQ et ça commence à payer.

Un sondage Mainstreet paru cette semaine mesure un rebond du PQ, le plaçant de nouveau nez à nez avec la CAQ. Je n’y accorde pas grand foi : je ne trouve pas cette firme crédible quand elle met le PQ bas, je ne le ferai pas davantage quand elle le raplombe.

Néanmoins, alors que François Legault connaît une pénible rentrée, ça nous rappelle que le PQ n’est pas mort. Dans ses fondamentaux, il est fort. Dans ses instances, il est encore vivant.

Assez pour gagner en 2018 ? Peut-être pas. Mais, généralement, tout cela se suit.

Parlez-en à Justin Trudeau, parti troisième aux élections fédérales de 2015.