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Le réseau de sentiers de motoneige en danger

Le réseau de sentiers de motoneige en danger
Photo Julien Cabana

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Le monde de la motoneige tel qu’on le connaît présentement au Québec pourrait bien changer si de nouvelles sources de financement ne sont pas trouvées pour aider les bénévoles des clubs. Le réseau de sentiers qui fait la renommée du Québec dans le monde de la motoneige pourrait bien changer radicalement.

C’est ce qu’il a été possible de constater à l’occasion du congrès de la Fédération des clubs de motoneigistes qui se déroulait en fin de semaine dernière, à Victoriaville.

Dans l’état actuel des choses, plus de 50 % des clubs de motoneige du Québec sont sous-financés. Les 4500 bénévoles qui forment la colonne vertébrale de toute l’activité motoneige au Québec ne peuvent plus suffire à la tâche avec les ressources financières qui sont disponibles présentement. Depuis quelques années, les clubs sont soumis à des exigences de plus en plus grandes au point de vue des lois et règlements et des coûts de remplacement, entretien et maintien des infrastructures de sentiers.

Par exemple, pour remplacer un pont ou un ponceau en terre publique il faut avoir un plan d’ingénieur et remplir de nombreuses autres exigences comme le calcul du débit d’eau. Toutes ces nouvelles mesures font en sorte que le coût pour remplacer ou réparer des infrastructures, qui se situait entre 5000 $ et 20 000 $, est passé à des frais largement supérieurs à 100 000 $ aujourd’hui.

De plus, une fois que les infrastructures ont été construites à grands frais par les clubs elles ne demeurent pas leur propriété. Elles peuvent être utilisées par tous les autres usagers des sentiers de motoneige à longueur d’année sans qu’ils aient contribué financièrement aux projets.

LE RÉSEAU EN DANGER

Si une solution à ce manque de financement n’est pas mise en place, il ne faudra pas se surprendre de voir le réseau actuel de plus de 32 000 kilomètres de sentiers changer complètement.

Comme les clubs manquent de fonds, le réseau pourrait se morceler à la grandeur du Québec. Cela aurait pour effet une diminution du nombre de kilomètres de sentiers pour circuler en hiver. Il se pourrait aussi que des interconnexions entre des régions disparaissent. La fermeture de sentiers qui desservent des commerces et des régions entières qui bénéficient de l’achalandage des motoneigistes en hiver aurait des conséquences économiques très importantes.

L’intégralité du réseau actuel est donc à risque si le programme d’aide financière actuellement en vigueur n’est pas bonifié.

Il faut savoir que pour une saison qui dure entre 12 et 16 semaines les motoneigistes génèrent des retombées économiques directes de plus de 1 milliard $ à la grandeur du Québec et un impact de plus de 724 millions $ sur le PIB.

UNIQUE AU MONDE

Depuis de nombreuses années, des représentants du gouvernement se vantent que la pratique de la motoneige au Québec est un modèle unique au monde.

Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’endroits dans le monde où une activité hivernale génère des retombées directes et indirectes de plus de 3,7 milliards $. Tout ce système est supporté par une armée de bénévoles et financé presque exclusivement par le principe des utilisateurs/payeurs.

Présentement, les sources de financement des clubs sont la vente de droits d’accès aux utilisateurs de sentiers et des programmes d’assistance financière pour l’entretien et la mise à niveau des sentiers et pour l’achat de surfaceuses. Les fonds de la majorité des programmes accessibles aux clubs, via la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, proviennent d’une ristourne sur les plaques d’immatriculation que le gouvernement prélève chaque saison. Elle est de 40 $ depuis plusieurs années. Pendant ce temps, les frais d’exploitation des clubs ne cessent d’augmenter. S’il n’y a pas bientôt une forme d’aide financière nouvelle, le colosse aux pieds d’argile pourrait bien dégringoler de son socle.