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Soirées coquines pour veuves de chasse

Des femmes de la région se réunissent pour des démonstrations de jouets et autres objets érotiques

Mélissa Durand organise des soirées coquines pour veuves de chasse où elle brise les barrières du plaisir charnel.
Photo courtoisie Mélissa Durand organise des soirées coquines pour veuves de chasse où elle brise les barrières du plaisir charnel.

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Des femmes du Saguenay se réunissent depuis peu dans le cadre de soirées osées pour pimenter leur quotidien pendant que leurs maris sont partis à la chasse.

Mélissa Durand a eu l’idée de proposer la thématique des veuves de chasse pour les démonstrations érotiques qu’elle organise dans la région depuis le printemps dernier.

« Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans toutes les familles, il y a au moins une personne qui va à la chasse. C’était une belle occasion d’essayer quelque chose de différent », explique celle qui a déjà été elle-même une veuve de chasse, expression qui désigne les conjointes de chasseurs partis dans le bois au début de l’automne.

Mélissa Durand organise des soirées coquines pour veuves de chasse où elle brise les barrières du plaisir charnel.
Photo courtoisie

« Quand on avait des fins de semaine où on était juste entre filles, on aimait ça se rassembler. On n’est pas obligé de rester sage à la maison parce que les gars étaient partis à la chasse », raconte Mélissa Durand, qui organise ces soirées de démonstration sous la bannière d’Éros et compagnie.

Qu’ils reviennent ou non bredouilles de la chasse, les hommes bénéficient souvent de ce que leurs conjointes ont appris lors de cette soirée. « Ils sont généralement bien contents que leur femme revienne avec une nouveauté, un petit quelque chose qui change la routine. »

Image négative

Mélissa Durand lutte contre l’image négative qu’on accole trop souvent au sexe et à l’érotisme dans la société. Elle a parfois l’impression de donner des leçons d’anatomie aux femmes qui font appel à ses services et de mettre à profit son expérience de pédagogie.

Mélissa Durand organise des soirées coquines pour veuves de chasse où elle brise les barrières du plaisir charnel.
Photo Stéphane Bouchard

« Ç’a m’a vraiment interpellée parce que dans la vie de tous les jours, le sexe est présent, mais c’est tabou. Tout le monde en parle en blague, mais jamais sérieusement. Je voulais aider les femmes à découvrir leur corps et à apprendre à avoir du plaisir, à enlever les barrières du plaisir charnel », raconte celle qui organisera une soirée spéciale veuve de chasse à Arvida le 14 octobre prochain.

Un deuxième emploi

Pour elle, il s’agit d’un deuxième emploi. La semaine, elle est éducatrice à l’enfance. La fin de semaine, elle organise des démonstrations pour femmes d’objets liés à l’érotisme.

« J’aime bien dire en blague que j’ai besoin de mes démonstrations pour pouvoir travailler, parce qu’il faut qu’il y ait d’autres enfants. [...] Je me suis tournée vers ça parce que tout le monde fait du Tupperware, du Épicure, du Mary Kay et du Avon. Je cherchais quelque chose de différent », raconte-t-elle.

Soulagement

Plusieurs femmes que Mélissa Durand croise trouvent une certaine forme de soulagement dans ces soirées, où la sexualité est abordée librement, sans jugement.

« 90 % de la population adulte a du sexe dans sa vie. Certaines femmes ont des troubles et elles se pensent anormales, mais elles ne le sont pas. »

L’alcool délie les langues et permet de discuter librement. « Les femmes racontent une anecdote... une autre se rend compte qu’elle a déjà vécu la même chose. À la fin, elles repartent et se sentent bien dans leur peau », précise Mme Durand.