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Cervidés : trucs de pro

Campeau
photo courtoisie Le chasseur Stéphane Monette explique dans ce texte différents points stratégiques qui vous aideront à augmenter vos chances de déjouer une belle bête comme celle-ci.

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De nos jours, les amateurs ont plus facilement accès aux diverses informations relatives aux techniques de chasse. Il y a toutefois encore certains secrets bien gardés.

J’ai récemment rencontré le chasseur de renom Stéphane Monette. J’ai demandé à ce coloré personnage de donner quelques astuces qui sortent des sentiers battus aux lecteurs du Journal pour les aider à obtenir de meilleurs résultats lors de leur quête en vue de récolter un chevreuil ou un orignal digne de mention. Ce dernier a bien voulu révéler trois secrets dont la majorité des experts ne parlent jamais, selon lui. Voici l’essentiel de ses propos :

Phases lunaires

Dès que le ministère de la Faune publie les périodes de chasse pour la saison à venir, Stéphane consulte le calendrier des phases lunaires. Dans le but de concentrer tous les éléments possibles pour accroître ses chances, il programme son excursion de l’automne suivant quand la nouvelle lune ou la lune noire, comme le disaient les vieux adeptes, est à son apogée.

La lune influence le comportement et la physiologie de certains animaux, notamment le cycle du sommeil. Selon ses dires, lors de la pleine lune, les cervidés sont beaucoup plus actifs la nuit. Cette période lunaire diminue le besoin de dormir en réduisant les hormones de la mélatonine du système des grands gibiers. Les prédateurs sont également plus dynamiques à la noirceur. Il en résulte une baisse d’achalandage le jour qui réduit inévitablement nos chances de voir ces bêtes durant les heures légales de prélèvement. À l’inverse, lors de la nouvelle lune, il y a une nette augmentation d’activités durant toute la journée. M. Monette avance une hypothèse non scientifique, mais très logique, qui consiste à savoir qu’au cours du cycle de la pleine lune, la vision dichromatique des cervidés et les cônes pigmentés des yeux des chevreuils et des orignaux perçoivent mieux la lumière de la lune. Ils ont, durant cette phase, une vision nocturne améliorée lors des déplacements, de la recherche de nourriture et pour voir venir leurs prédateurs. Donc, pour avoir de meilleures opportunités, chassez lors de la nouvelle lune.

À la bouffe

D’après le propriétaire de La ferme Monette, un autre point important à considérer est de trouver ce que mangent les bêtes visées pendant la chasse. Il est primordial de localiser la nourriture spécifique que les cervidés consomment au moment même où vous êtes sur le terrain.

Pour l’orignal, lorsqu’il exploite des coupes forestières en septembre, par exemple, Stéphane cherche les petits saules rouges. Ces arbustes, avec des feuilles élancées et très vertes, sont les préférés du roi de la forêt à ce temps de l’année pour son apport très protéiné et parce qu’il facilite leur digestion.

À la mi-octobre, sur le même territoire, lorsque la majorité du feuillage est tombé, il dirige ses recherches vers les feuilles de framboisiers qui restent vertes plus longtemps à l’automne et plus comestibles que les feuilles mortes. Notre expert tenait à spécifier que lorsqu’il trouve de bonnes quantités de plantes vertes dans les framboisiers, il ajoute un sac de poudre d’automne qu’il lance aux quatre vents pour concentrer les cervidés au même endroit. Ce leurre spécifique a comme particularité d’amoindrir le goût âcre du feuillage tout en augmentant l’apport nutritionnel avec des probiotiques.

M. Monette a terminé ce point en disant qu’il est impératif d’adapter vos approches en fonction de la localisation de la bouffe.

L’accouplement

La troisième clé du succès est le temps des amours. Il y a deux périodes productives selon le spécialiste interrogé. Vous devez choisir vos dates de chasse le plus près possible du pré-rut ou du rut.

Il est bon de savoir que lors du pré-rut, les mâles sont tellement excités par la venue de la première femelle en chaleur, qu’ils deviennent beaucoup plus insouciants et peu méfiants pendant cette période. Pour l’orignal, on parle généralement d’une fenêtre qui se situe entre le 10 et le 21 septembre. Pour ce qui est du chevreuil, il se déroule normalement entre le 25 octobre et le 15 novembre. Il s’agit de deux périodes prometteuses parce que le niveau de testostérone de tous les prétendants monte en flèche et ils deviennent plus réceptifs à tout changement de comportement. À titre d’exemple, la première femelle en chaleur qui se présentera à proximité les rendra complètement maboules. C’est comme s’ils étaient hypnotisés par ces dernières et ils perdent dans une certaine proportion leur notion du danger. De plus, si deux mâles se confrontent, soit par intimidation ou par des batailles, les autres prétendants aux alentours voudront eux aussi participer ou tout au moins être spectateurs. Pour l’orignal, faites des appels de buck avec du rattling et pour le chevreuil frottez également des cornes ensemble. Étant plus curieux lors de cette courte période et moins craintifs à se montrer de jour, il est souhaitable de se servir de leurres sexuels et de provocation qui génèrent alors un maximum de performance.

Passer à l’acte

La période du rut de l’orignal a généralement lieu entre le 22 septembre et le 3 octobre et pour ce qui est du chevreuil, c’est du 16 au 26 novembre approximativement. Au cours de ces plages d’activités, les dominants sont en pleine action et sont littéralement absorbés par le parfum des phéromones des femelles. Les dominés, pour leur part, cherchent par n’importe quel moyen à procréer et c’est cette faille que le nemrod doit exploiter. À ce temps de l’année, les leurres de femelle et les points de nourriture naturelle et artificielle sont des aimants à bucks.

Pour en savoir plus, visitez le site www.fermemonette.com

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