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Regroupement de dorés trophées

Campeau
Photo courtoisie Le guide Sébastien Garneau capture de beaux dorés comme ceux-ci tout au long du mois de novembre, en Ontario, dans la baie de Quinte.

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Du côté du lac Ontario, entre Sandhurst Shore et Trenton, il y a un rétrécissement de 100 km de longueur dont la largeur maximale ne dépasse pas deux kilomètres.

Ce site poissonneux, connu sous le nom de Baie de Quinte, est l’hôte depuis près de trois décennies de pêcheurs provenant des quatre coins du continent qui sont en quête de percidés géants. Pendant de nombreuses années, les manieurs de canne franchissaient aisément le cap des 5,5 kg (11 lb) et même des 6,5 kg (14,3 lb).

Personnellement, lors de ma première visite dans la région de Picton, au début des années 2000, en quatre journées de pêche consécutives, mes partenaires et moi avons soutiré de ces eaux 43 spécimens jaunes de plus de 4,5 kg (10 lb) et trois de ceux-ci faisaient osciller la balance à plus de 6 kg (13,2 lb). Ils furent tous graciés, sauf deux d’entre eux, de taille légale, qui n’ont pas survécu à la bataille.

Hautement médiatisée, la baie de Quinte est devenue pour plusieurs un pèlerinage automnal annuel. Bien que les dorés y soient présents tout au long de l’année, il faut savoir que les plus imposants reproducteurs, qu’on appelle les grosses bedaines blanches, séjournent au large durant l’été. Puis, quand l’eau se refroidit et descend sous la barre des 10 degrés, ils se dirigent instinctivement vers la baie pour venir y passer l’hiver et s’y reproduire au printemps.

Déclin

On a longuement cru que le record du monde de 11,34 kg (25 lb) serait battu dans cet éden.

Malheureusement, certains facteurs ont contribué à ce qu’on y capture moins de trophées. Outre la grande pression de pêche qui a occasionné une disparition d’un certain pourcentage des gros géniteurs, il faut savoir que les millions de milliards de moules zébrées vivants dans les Grands Lacs ont grandement contribué à rendre les eaux vraiment plus translucides. En éliminant une partie des matières en suspension et des micro-organismes dans la colonne d’eau, les rayons du soleil peuvent pénétrer beaucoup plus profondément. Et, comme notre poisson-vedette ne peut endurer la lumière avec ses gros yeux, il doit s’enfoncer encore plus vers les abysses. N’étant pas équipé d’une vessie natatoire comme celle du touladi, il a énormément de difficulté à se remettre d’une remontée rapide et ses «poumons» prennent tellement d’expansion dans sa cage thoracique qu’ils ressortent, dans bien des cas, par la gueule.

En fait, dans cet environnement très profond, ce n’est pas parce qu’on remet un poisson à l’eau après une bataille et qu’on le voit s’enfoncer après un ou deux coups de queue qu’il survit automatiquement.

Très acceptable

Malgré la diminution du poids moyen des percidés, peu d’endroits peuvent se targuer d’offrir un potentiel de captures aussi exceptionnel où les trophées de 4 et 4,5 kg (9 et 10 lb) se succèdent fréquemment sur les tableaux de pêche des passionnés.

Sébastien Garneau, du Service de guide Excel pêche, aide sa clientèle tout au long de l’été à déjouer les salmonidés du lac Memphrémagog. Puis, il déménage ses pénates à Picton pour y guider, tout au long du mois de novembre, des groupes composés d’un maximum de quatre manieurs de perche.

Lorsque le thermomètre indique des valeurs inférieures à 8 degrés, l’action est habituellement au rendez-vous. En fait, plus il fait froid et plus l’eau approche son point de congélation, meilleure est la pêche.

Parlons pêche

Sébastien favorise principalement la pêche à la traîne avec des poissons-nageurs qui plongent de 5 à 7 mètres. Pour éviter qu’ils ne nagent dans le sillon du moteur, il les relie à des dériveurs de surface.

Puis, pour s’assurer d’exploiter tous les paliers de la colonne d’eau, entre 6 et 22 mètres, il leste ses offrandes avec des plombs à pince de 1, 2 et 3 onces. Avec son sonar, il recherche des poissons en suspension à des profondeurs variant de 24 à 35 mètres. La vitesse de traîne qu’il favorise est de 2,4 à 2,8 km/h (1,5 à 1,7m/h).

Législation

Entre le traversier de Glenora et l’entrée du lac Ontario, la portion appelée Adolphus Reach, les pêcheurs ont le droit de se servir simultanément de deux cannes à pêche, car cette portion est considérée comme faisant partie du grand lac.

La carte plein air et l’un des deux permis de pêche ontariens sont nécessaires. Le permis que nos voisins appellent le Sportif permet la capture de quatre dorés, dont un seul peut dépasser 63 cm. Pour ce qui est de la licence écologique, elle vous accorde le privilège de ne ramener que deux percidés, dont un de plus de 63 cm.

Ce membre de l’équipe Binette Marine suggère fortement de gracier vos dorés à la suite de la prise des traditionnelles photos afin de donner un coup de pouce à la population de gros géniteurs de reprendre un peu de poils de la bête.

Pour en savoir plus, composez le 819-434-1030 ou visitez le site excelpeche.com