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Le financement du pot crée un malaise

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À l’approche de la légalisation du cannabis récréatif en 2018, les banques sont divisées sur le financement de cette industrie qui rapportera 6 milliards $ d’ici quatre ans, ont-elles fait part au Journal.

« Ça se discute derrière des portes closes. C’est une source de malaise », observe Olivier Gamache, PDG du Groupe investissement responsable (GIR). Selon lui, l’inconfort règne. Investisseurs et institutions financières évitent le sujet.

Bloomberg dévoilait récemment que la Banque TD et la Banque de Montréal avaient au moins 21 comptes de compagnies œuvrant dans le secteur. La Banque de Montréal n’a pas pu confirmer cette information.

Mathieu Beaudoin, porte-parole à la Banque TD, admet que son institution offre des comptes bancaires à ces sociétés. « Nous avons quelques clients dans cette industrie, mais nous préférons ne pas dévoiler le nombre exact », indique-t-il.

Grande discrétion

« La Banque Royale du Canada (RBC) n’offre actuellement pas de services bancaires à des sociétés engagées dans la production et la distribution de marijuana », précise Denis Dubé, directeur média de la RBC. Même chose pour la Banque Nationale.

De leurs côtés, ni la Banque Scotia ni la Banque Laurentienne n’ont pu dire si des entreprises liées au cannabis détenaient des comptes bancaires chez eux. « Desjardins ne finance pas les entreprises associées à la production ou la distribution du cannabis à des fins médicales, sauf dans le cas d’une pharmaceutique », a affirmé Richard Lacasse du Mouvement Desjardins.

Pour Olivier Gamache, patron du GIR, les investisseurs craignent pour leur réputation. « De quoi allons-nous avoir l’air si on investit là-dedans ? » se demandent-ils selon lui.

Daniel Thouin, président Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), compare cette industrie à celle du tabac financée par les banques pendant 100 ans. « Dès qu’il y en aura une qui va y aller, toutes les institutions vont se mettre de la partie », résume-t-il.