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La police de Québec détient l’antidote contre le fentanyl

Épargnée depuis la crise de 2015, la ville n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie

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Face à la menace « sournoise » du fentanyl, les policiers de Québec seront en mesure dès cette semaine d’administrer de la naloxone, un antidote contre les opioïdes.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) s’est procuré 26 trousses du remède qui seront à la disposition, au cours des prochains jours, des superviseurs de patrouille et de certaines escouades spécialisées.

Une législation du gouvernement provincial, apparue en septembre, permet en effet aux policiers d’administrer le fameux antidote en cas de besoin, alors qu’il s’agissait auparavant d’un acte médical réservé.

« Le but, c’est que les antidotes soient accessibles 24 heures sur 24, sept jours par semaine, pour la sécurité du public et des policiers », explique le capitaine responsable de l’unité des stupéfiants, Jean-François Bernier.

L’extrême volatilité du fentanyl met notamment à risque les policiers, qui seront ainsi mieux protégés.

Ils pourront recourir à la naloxone quand une surdose d’opioïde est suspectée et que l’intervention des ambulanciers n’est pas imminente. Les membres du SPVQ en possession de l’antidote seront dûment formés pour ce faire.

Le remède, qui s’injecte par voie nasale, permet de ramener temporairement à la conscience les personnes intoxiquées, mais un transport à l’hôpital est ensuite nécessaire.

Menace bien réelle

Le fentanyl, cette drogue 40 fois plus puissante que l’héroïne, avait mené à la création d’une cellule de crise en 2015 après avoir été lié à quatre décès à Québec. Depuis, on déplore un autre décès en 2016, mais aucun depuis le début de l’année 2017.

Cela dit, Québec n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie, rappelle Jean-François Bernier, d’autant que Montréal est en état d’alerte avec le décès de 12 personnes par surdose à cette substance au mois d’août, dont un ancien héros de Lac-Mégantic.

La puissante substance est susceptible de se retrouver dans plusieurs types de stupéfiants à l’insu des distributeurs et des consommateurs, ce qui brouille les cartes.

« Chez nous, on n’a pas encore de crise aiguë, par contre, c’est tellement sournois comme façon de procéder que n’importe quel réseau de trafic de cocaïne très populaire à Québec pourrait se faire infiltrer du fentanyl du jour au lendemain », explique le capitaine.

L’an dernier, une quantité record de 76 000 comprimés contenant du fentanyl avait été saisie par le SPVQ.