/news/health
Navigation

Fini les cadeaux et les partys pour les pharmaciens québécois

Les nouvelles règles du gouvernement les forcent à revoir l’organisation de leurs congrès

Les compagnies de médicaments génériques ont annulé leur participation au congrès des pharmaciens liés à Jean Coutu au Club Med Opio à Nice, en France (photo). Elles ont aussi annulé leur participation au congrès des pharmaciens affiliés à Brunet, qui se tenait à Niagara Falls.
Photo tirées de Facebook Les compagnies de médicaments génériques ont annulé leur participation au congrès des pharmaciens liés à Jean Coutu au Club Med Opio à Nice, en France (photo). Elles ont aussi annulé leur participation au congrès des pharmaciens affiliés à Brunet, qui se tenait à Niagara Falls.

Coup d'oeil sur cet article

Les pharmaciens devront se passer des dizaines de milliers de dollars fournis par les fabricants de médicaments pour financer leurs congrès à Niagara Falls ou même au Club Med, à cause des nouvelles règles imposées par Québec.

Depuis plusieurs années, les manufacturiers de médicaments génériques délient les cordons de la bourse pour faire connaître leurs produits dans les congrès de pharmaciens. Ils y envoient des représentants ou apparaissaient même comme commanditaires officiels.

Mais le projet de loi 92, adopté en décembre dernier, change tout.

Il interdit aux compagnies pharmaceutiques de verser directement ou indirectement des avantages liés à la vente d’un médicament.

C’est ainsi qu’à une semaine d’avis, les représentants de compagnies génériques ont dû annuler leur vol pour Nice, où ils devaient participer au congrès de Sopropharm du 14 au 17 septembre dernier. Ils n’ont pu prendre part au congrès qui réunissait les pharmaciens affiliés à Jean Coutu au Club Med Opio situé en Provence, dans le sud de la France.

Seulement pour quatre nuitées, les représentants devaient payer 3500 $ en occupation double et 4400 $ en occupation simple. Tout ça sans compter le billet d’avion. Les compagnies qui voulaient être commanditaires de l’événement devaient payer un supplément de plusieurs milliers de dollars.

Congrès au Québec

Selon nos informations, la décision d’annuler la présence des compagnies génériques a été prise à la suite de recommandations d’avocats des fabricants et des pharmaciens, qui craignaient que cela ne contrevienne aux nouvelles règles imposées par Québec.

Ce qui fait dire à certains que les congrès des prochaines années pourraient être plus modestes.

« Les congrès à Nice, ça risque d’être fini. Ça va probablement être moins loin », nous a dit une source. Sopropharm a d’ailleurs choisi d’annuler le congrès prévu à Vancouver l’an prochain pour le tenir au Québec.

« On est en train d’analyser les frais et on veut aussi s’assurer auprès de la RAMQ [Régie de l’assurance maladie du Québec] pour être en règle », dit la directrice, Catherine Sévigny.

Pertes

Les compagnies génériques ont aussi annulé leur participation au congrès des pharmaciens affiliés à Brunet qui s’est tenu à Niagara Falls à la mi-septembre. Alors qu’ils avaient l’habitude de manger à la même table que les pharmaciens durant le congrès, ils ont dû passer leur tour.

« C’est une perte importante. Ça finançait une bonne partie du congrès », nous dit une autre source qui parle d’environ 15 000 $ par compagnie présente au congrès.

À Québec, lors du plus récent congrès de Familiprix qui s’est tenu les 22 et 23 septembre, les kiosques des fournisseurs de médicaments génériques avaient également disparu.

En plus de la réglementation plus stricte, les compagnies génériques ont négocié avec le gouvernement une baisse des coûts des médicaments de 300 millions $ par année, ce qui réduit leur marge de manœuvre financière.

Ce que dit la loi 92

  • Les fabricants, les grossistes reconnus, les intermédiaires et les pharmaciens propriétaires ont l’interdiction d’accorder, directement ou indirectement, un quelconque avantage lié à la vente ou à l’achat d’un médicament.
  • La Régie a le pouvoir de recouvrer d’un fabricant, d’un grossiste en médicaments ou d’un intermédiaire un montant correspondant aux ristournes, aux gratifications ou aux autres avantages non autorisés consentis.
  • Les amendes ont augmenté substantiellement : elles peuvent aller jusqu’à 1 M$ pour les fabricants, les grossistes ou les intermédiaires. En cas de récidive, les amendes prévues à la loi peuvent être doublées.

Source : RAMQ, Nouveaux pouvoirs de la Régie