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Couillard sans choix

Couillard sans choix
Photo Didier Debusschère

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La prochaine élection générale se jouera dans la région de Québec pour les libéraux et dans le 450 pour les péquistes. Il ne faut donc pas se surprendre que le premier ministre Couillard ait voulu en mettre plein la vue aux gens de la Capitale nationale avec son remaniement ministériel. Sa marge de manœuvre l’a toutefois confiné à des changements qui sont somme toute cosmétiques.

La discipline n’est plus ce qu’elle était au sein du Parti libéral du Québec (PLQ) alors qu’auparavant le chef et son entourage régnaient en maitres en faisant souvent fi des récriminations qui ne pouvaient s’exprimer qu’en privé. Longtemps les libéraux ont fait les gorges chaudes devant les péquistes qui étaient champions dans l’art de se déchirer la chemise en public pendant qu’eux rongeaient leur frein en catimini. Cependant, il semble que la tendance se soit inversée avec des péquistes plus compacts derrière leur chef pendant que les officines libérales grondent contre le Philippe Couillard et son entourage. La sortie de deux députés libéraux au lendemain de la défaite cinglante dans Louis-Hébert en est une illustration.

Ce ressentiment durait depuis plusieurs mois dans les rangs des députés libéraux qui n’ont pas été sans souffrir des effets négatifs du dogmatisme idéologique ayant mené à une austérité qui les fait mal paraître aujourd’hui avec les surplus engrangés. Face à des députés déjà choqués depuis plusieurs mois, le chef a manqué de courage pour prendre les virages qui s’imposaient avant l’élection partielle et le résultat ne lui a rendu la tâche que plus difficile. Il avait encore moins les moyens de s’ajouter des grincheux à un an de la prochaine élection générale.

Il est aujourd’hui raisonnable de se demander si le chef libéral n’est pas en sursis alors qu’on évoque déjà le nom de Pierre Moreau comme son éventuel remplaçant. Monsieur Couillard n’est pas issue d’une longue tradition au sein du PLQ et il a voulu au contraire incarner le renouveau en se distançant de l’ère Charest. Il semble toutefois que le greffon tient de moins en moins à la lumière des sondages qui rappellent trop souvent l’impopularité des libéraux, malgré des nouvelles économiques qui devraient les porter au zénith.

Les effets de ce remaniement sur l’électorat devraient s’avérer nuls ou quasi nuls. Monsieur Couillard aurait eu besoin d’un plus solide remontant pour faire face à la prochaine élection générale, mais l’état de santé de son parti ne lui permettait pas un traitement plus invasif. Dure réalité pour un chirurgien!