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Metro, un fleuron québécois vulnérable

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Avec son acquisition du Groupe Jean Coutu, Metro Inc. deviendra l’un des fleurons québécois les plus susceptibles de se faire mettre le grappin dessus par un des grands prédateurs d’entreprises.

Avec un volume d’affaires dépassant d’ici un an les 16 milliards $ et un bénéfice d’exploitation de 1,3 milliard $, Metro représente une super proie.

Et à moins d’un changement soudain de stratégie de placement, je ne compterais pas sur la Caisse de dépôt et placement du Québec pour mettre des obstacles dans les pattes des prédateurs.

Alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec détient des actions et des placements dans quelque 4000 entreprises dans le monde, imaginez-vous qu’elle ne détenait, selon son dernier rapport annuel, aucune action des deux fleurons québécois qui viennent de se marier, soit Metro Inc. et Le Groupe Jean Coutu.

C’est à n’y rien comprendre ! Comment la « Caisse du peuple québécois » peut-elle ignorer et exclure de son gigantesque portefeuille de 286 milliards $ ces deux grandes entreprises québécoises ? Surtout en ces temps où les fusions et acquisitions sont monnaie courante à travers le monde.

Sous emprise américaine

Cela étant dit, je ne veux pas jouer au prophète de malheur. Mais... une OPA (offre publique d’achat) sur Metro, c’est d’autant plus plausible que l’entreprise ne bénéficie d’aucune protection contre des prises de contrôle, hostiles ou pas. S’il est vrai que Le Groupe Jean Coutu est sous le contrôle de son actionnaire majoritaire Jean Coutu, ce n’est absolument pas le cas de Metro.

Fait grandement inquiétant : il faut savoir que ce sont des investisseurs institutionnels (gestionnaires de caisses de retraite, fonds communs, sociétés de gestion, etc.) qui détiennent la grande majorité des actions de Metro.

Et plusieurs d’entre eux sont américains, dont le plus gros actionnaire de Metro, soit Fidelity Management & Research Company qui contrôle à lui seul 20,3 % des actions en circulation.

S’ajoutent également d’autres gros fonds américains tels BlackRock, Vanguard Group, Franklin Templeton Investments, etc.

Chez les principaux actionnaires canadiens de Metro, on retrouve Beutel, Goodman & Company, TD Asset Management, RBC Global Asset Management, Jarislowsky Fraser, BMO Asset Management, Burgundy Asset Management, le Fonds de pension du Canada, etc.

Coup d’argent

Avec les investisseurs institutionnels comme actionnaires majoritaires de Metro, un seul objectif compte : faire le meilleur coup d’argent possible.

Si un prédateur lance une OPA sur Metro, que ce soit un fonds spéculatif ou une multinationale du commerce de détail, les investisseurs institutionnels se laisseront de toute évidence courtiser si le prix offert leur permet de réaliser une intéressante plus-value.

Avec son investissement de 4,5 milliards $ dans l’acquisition du Groupe Jean Coutu et son investissement de 400 millions $ dans le développement de son réseau ontarien de distribution, Metro devient un incontournable au Canada dans les marchés de l’alimentation et pharmaceutique.

Et voilà pourquoi Metro représente une belle proie.