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Place de choix

Sébastien Proulx
Photo d'archives, Simon Clark Sébastien Proulx

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En mode séduction dans le but de reconquérir la région de Québec après la défaite dans Louis-Hébert, les libéraux lui ont réservé une place de choix dans ce remaniement ministériel.

La nomination de Sébastien Proulx comme ministre responsable de la Capitale-Nationale représente une bonne nouvelle.

Nommé au pied levé pour remplacer Sam Hamad à titre de ministre responsable de la Capitale-Nationale, François Blais n’a jamais paru à l’aise dans ce rôle. Son leadership a maintes fois été contesté, au point que quelques mois après sa nomination en avril 2016, le maire sortant, Régis Labeaume, a réclamé le retour de M. Hamad.

Reconnu comme un grand intellectuel, M. Blais n’a pas réussi à s’imposer comme leader, atout essentiel pour faire en sorte que les idées défendues au sein du caucus régional soient considérées, prennent de l’importance et se réalisent en grand nombre.

M. Blais, qui demeure ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, s’était depuis amélioré un peu sur le plan de la communication. Cet élan s’était brisé plus récemment lors de sorties maladroites sur un troisième lien et le prolongement de l’autoroute 40 vers l’ouest. Il avait malgré tout mené à bien des dossiers chers à M. Labeaume, tels que l’élargissement des autoroutes Henri-IV et Laurentienne, qui impliquent des investissements de près de 600 M$.

Son successeur, Sébastien Proulx, devra s’imposer plus que jamais devant la reprise de vigueur de la région de Montréal. Le maire sortant de Québec n’a d’ailleurs pas manqué de souligner, en début de campagne électorale municipale, son inquiétude devant le fait que Montréal reprenait le dessus en termes de poids politique.

Le ministre et le premier élu de Québec devront travailler main dans la main pour ce faire, au lendemain du scrutin du 5 novembre.

Enjeu majeur

La nomination de Véronyque Tremblay à titre de ministre déléguée aux Transports démontre par ailleurs que les libéraux ont bien compris l’importance de cet enjeu dans la région de Québec. Cette promotion s’ajoute à celle d’André Fortin comme ministre des Transports.

Bonne communicatrice, bourreau de travail, l’ex-animatrice et journaliste sera responsable des « chantiers à venir et en cours » dans la région. Elle aura fort à faire pour ramener du rationnel dans ces dossiers très émotifs. Elle devra se positionner concernant un système de transport structurant, lequel reste à définir, mais qui représente une avenue incontournable pour régler les problèmes de congestion sur nos routes.

Le premier ministre Couillard parlait hier du troisième lien Québec-Lévis comme d’un projet important pour la population. Je veux bien, mais en l’absence d’une étude sérieuse, il ne faut y voir rien d’autre qu’une manœuvre électoraliste de la part de son gouvernement.

C’est d’autant plus vrai alors que les caquistes, défenseurs de la première heure de ce projet, ont gagné du terrain avec la victoire dans Louis-Hébert. Le plus aberrant, c’est que l’étude sur le projet n’existe toujours pas, et que tous les experts affirment qu’un troisième lien ne réglerait pas les problèmes de congestion, bien au contraire. Il faudra voir si Mme Tremblay évitera de tomber dans ce piège à son tour, ou si la pression sera trop forte.