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Veuve flouée: la Cour suprême entendra l’appel d’un avocat montréalais

Bloc Justice
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OTTAWA – Un avocat peut-il être tenu responsable d'avoir confié son client aux services d'un tiers qui s'est avéré être un fraudeur?

La Cour suprême du Canada devra trancher cette question dans les mois à venir après avoir accepté, jeudi matin, d'entendre l'appel d’un avocat montréalais dans la cause qui l’oppose à une veuve flouée.

Les déboires de Judith Matte-Thompson, une septuagénaire de l’Ontario, remontent à 2003, au moment du décès de son mari. Elle doit alors liquider la compagnie du défunt et cherche également à investir ses économies. Son avocat de l’époque, Kenneth Salomon, qui pratique dans un cabinet montréalais, lui réfère alors Themis Papadopoulos, président de la compagnie Triglobal.

Mme Matte-Thompson accepte de confier ses avoirs, dont la valeur s’élève à environ 7 millions $, à Triglobal pour se rendre compte, en 2007, que Papdopoulos et son associé, Mario Bright, ont disparu avec l’argent.

Dans un premier jugement rendu en 2014 par la Cour supérieure du Québec, Themis Papadopoulos et son acolyte ont été condamnés à rembourser 7 millions $. Leurs placements, faits à travers les filiales offshore Ivest et Focus, se sont révélés être une fraude à la Ponzi.

Kenneth Salomon et son cabinet, Sternthal Katznelson Montigny, avaient été exemptés de payer des dommages.

Portée en appel par Mme Matte-Thompson, la décision a été infirmée en février 2017. La Cour d’appel du Québec a trouvé M. Salomon solidairement responsable des fraudes commises par Themis Papadopoulos. Elle a statué que M. Salomon avait manqué à son devoir de bien conseiller sa cliente. M. Salomon et son cabinet cherchent à faire invalider ce jugement.

Judith Matte-Thompson soutient depuis des années que Kenneth Salomon était en conflit d’intérêts et qu’il avait des relations d’affaires chez Triglobal.

La compagnie a fait l’objet d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers et mise sous tutelle en 2007 pour ses placements illégaux.