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Le procès Tshilumba tire à sa fin

Les avocats ont présenté des versions complètement différentes lors de leurs plaidoiries finales

Le fait que Randy Tshilumba ait pris la fuite après son meurtre est incompatible avec la théorie de la défense, a plaidé la Couronne vendredi.
Photo Courtoisie SPVM Le fait que Randy Tshilumba ait pris la fuite après son meurtre est incompatible avec la théorie de la défense, a plaidé la Couronne vendredi.

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Le meurtre de Clémence Beaulieu-Patry dans un Maxi est le résultat d’un « cerveau malade », a plaidé la défense, qui a présenté une théorie à l’opposé de celle de la Couronne, vendredi.

« Le jugement de Randy Tshilumba était complètement altéré, on ne peut pas trouver d’explication rationnelle, c’est impossible », a lancé Me Philippe Larochelle dans la dernière ligne droite du procès.

Pour l’avocat, il n’y a aucun doute que son client doit être déclaré non criminellement responsable du meurtre de Clémence Beaulieu-Patry, le 10 avril 2016, poignardée dans l’allée du supermarché de la rue Papineau, à Montréal.

Arme cachée au cégep

Tshilumba s’était ensuite réfugié dans un Tim Hortons où il a contacté des amis, pour ensuite aller cacher l’arme du crime dans un casier du cégep où il étudiait.

Si la défense a rappelé que Tshilumba souffrait d’un délire paranoïaque depuis des années et qu’il croyait que Clémence Beaulieu-Patry et ses amies voulaient le tuer, la Couronne est convaincue que l’accusé était conscient de ce qu’il faisait.

« Vous devrez décider si le trouble mental l’empêchait de distinguer le bien du mal », a plaidé Me Catherine Perreault de la Couronne.

Reprenant chaque détail de la preuve, comme le port de gants au moment du drame et, par la suite, des recherches internet sur la façon de se débarrasser de la preuve, la Couronne a suggéré qu’il s’agissait d’un meurtre prémédité.

Pour « faire la paix »

Lors du procès, Tshilumba avait affirmé être allé au Maxi pour « faire la paix » avec la victime. Mais lorsqu’il s’est retrouvé face à elle, cette dernière l’aurait pointée du doigt. Il était convaincu que Mme Beaulieu-Patry allait commettre une tuerie et il s’est alors défendu, soutient-il.

« Je vous soumets qu’il réécrit l’histoire, il se convainc que son geste n’est pas mauvais », a plaidé Catherine Perreault, en rappelant que le comportement de l’accusé, après le drame, ne correspond pas à celui d’une personne croyant avoir bien agi.

Or, a martelé la défense, Tshilumba était un enfant enjoué et blagueur jusqu’à ce que les symptômes de maladie apparaissent à l’adolescence, et son délire s’est amplifié en revoyant des amies de la victime.

« Le geste [de tuer Clémence Beaulieu-Patry] est tellement inattendu, violent, il s’inscrit dans la lignée de tous les gestes posés par Tshilumba dans le passé », a plaidé Philippe Larochelle.


À venir lundi : La juge Hélène Di Salvo présentera ses directives au jury.