/news/politics
Navigation

Réseau de transport structurant: «Irresponsable» de ne pas inclure Lévis

Le maire sortant de Lévis, Gilles Lehouillier, soutient que, pour lui, « l’enjeu principal » des élections municipales demeure la fluidité de la circulation.
Photo Stevens LeBlanc Le maire sortant de Lévis, Gilles Lehouillier, soutient que, pour lui, « l’enjeu principal » des élections municipales demeure la fluidité de la circulation.

Coup d'oeil sur cet article

Il serait « irresponsable » que le gouvernement paie un réseau de transport structurant à Québec sans exiger que Lévis soit desservie, estime Gilles Lehouillier.

Le maire sortant de Lévis admet s’être retiré du projet de SRB, même si celui-ci garantissait une connexion entre les deux rives, car il coûtait trop cher à sa ville. Même si le maire de Québec, Régis Labeaume, martèle que son futur projet de transport ne traversera pas à Lévis, Gilles Lehouillier estime que la décision ne revient pas aux villes, mais bien au gouvernement.

« C’est au gouvernement de le faire. Et s’ils ne le font pas, au niveau de l’interconnexion, ils seront irresponsables. Parce que comment vont-ils pouvoir donner à Québec un transport collectif qui coûterait un milliard ou un milliard et demi de dollars, sans assurer les interconnexions ? » a lancé Gilles Lehouillier, en entrevue éditoriale au Journal. Il soutient que, pour lui, « l’enjeu principal » des élections municipales demeure la fluidité de la circulation.

Lévis, jure-t-il, n’a su qu’en toute fin de parcours, en janvier 2017, les coûts d’exploitation d’un futur SRB jusqu’à Saint-Omer, qui ont été jugés trop élevés. Aussi, dit-il, le bureau de projet a recommandé, le 7 avril 2017, que le SRB arrête sa course au carrefour Saint-Romuald. Lévis est sortie du projet le 18.

M. Lehouillier a préféré tout abandonner plutôt que de maintenir un projet qui ferait une petite incursion sur la Rive-Sud.

Plan moins cher

Aujourd’hui, Lévis s’est dotée d’un plan moins cher pour améliorer son transport en commun, par l’implantation d’un service de bus articulés qui circuleraient sur des voies axiales le long de Guillaume-Couture, de Saint-Omer aux ponts. Mais il reste le problème de la traversée du fleuve.

Le maire demande au gouvernement d’exiger que le projet de transport collectif structurant de Québec inclue une interconnexion. Du même souffle, il affirme : « On est prêt à assurer l’interconnexion. On est prêts à traverser avec les [autobus] articulés pour faire l’interconnexion. Les véhicules emprunteraient alors une voie réservée jusqu’au pont de Québec et circuleraient avec les voitures sur la structure », avance-t-il.

Troisième lien avec le pont de l’île

Quant au troisième lien, il se dit toujours convaincu que le projet est pertinent à l’Est, et il compte bien demander au ministère des Transports (MTQ) de plancher sur l’option d’un raccordement avec le futur pont de l’île d’Orléans. « Je suis convaincu que si on mixait ça avec le pont de l’île d’Orléans, il y a une possibilité de faire quelque chose qui serait abordable. »

Même s’il admet que les impacts et les coûts d’une telle infrastructure n’ont pas été détaillés, il vante son potentiel de développement. Il se dit conscient que les électeurs le réclament avant tout pour soulager la congestion et n’est pas d’accord avec les spécialistes en urbanisme et en transport qui disent unanimement que l’ajout de routes ne règle pas les problèmes de congestion. « Les vrais experts, ce sont les études qui seront faites par le MTQ. Ce que je dis, c’est : laissons le Ministère faire ses études. On verra. »

Engagements électoraux - Pas de hausse des dépenses

Gilles Lehouillier et son équipe ont présenté hier leurs engagements pour la campagne électorale. Lévis Force 10 mise sur la continuité, mais sans ajouter de dépenses supplémentaires au programme triennal d’immobilisations. Le maire sortant compte investir en culture et en infrastructures sportives, notamment, avec l’agrandissement du Centre culturel de Lévis, la mise à niveau du Vieux Bureau de Poste, la réalisation du complexe aquatique de Saint-Nicolas ainsi que l’implantation d’un complexe de soccer et d’un aréna deux glaces dans l’est de la ville. Il promet de continuer d’augmenter les taxes à l’inflation et s’engage à consulter les citoyens pour trouver les moyens de rendre les rues plus sécuritaires. Pas question, cependant, de réduire la vitesse à 30 km/h partout. « On va mettre en place des mesures à la carte, selon les quartiers. » Lévis Force 10 promet aussi de tenir une consultation sur la pénurie de main-d’œuvre qui sévit à Lévis.

Revitalisation - Le quai Paquet « rassembleur »

« Enfin, on a un lieu de rassemblement qui est autre chose qu’un centre d’achats ! » C’est ce que plusieurs Lévisiens expriment spontanément à Gilles Lehouillier quand ils lui parlent du réaménagement du quai Paquet, avec les impressionnantes fontaines d’eau près de la nouvelle gare fluviale. À Lévis, les centres commerciaux étaient les lieux de rencontre, dit le maire sortant. Maintenant, grâce à ce parc qui a reçu un accueil phénoménal, les gens ont développé un sentiment d’appartenance et une fierté, dit-il. « Les gens ont leur lieu identitaire qu’ils n’avaient pas avant. » S’il a eu des doutes, au début du chantier, sur la façon dont serait vue une telle dépense pour un équipement ludique, ceux-ci se sont vite dissipés. C’est le genre de geste que le maire sortant veut poursuivre à travers la ville. Il cite, entre autres, le parc de la rivière Etchemin, la rénovation de la terrasse de Lévis et la revitalisation de la rue Saint-Laurent.

Ancienne adversaire - Pas de rancune envers Isabelle Demers

Gilles Lehouillier ne tient pas rigueur à son ancienne adversaire, maintenant membre de son équipe, d’avoir insinué publiquement qu’il était en couple avec sa directrice de cabinet. Isabelle Demers avait jeté un froid lors d’une assemblée du conseil municipal, en 2013, alors qu’elle avait demandé au maire nouvellement élu s’il était en couple avec Véronique Bouchard. Les deux principaux intéressés avaient nié fermement. « Je ne suis pas rancunier », affirme aujourd’hui le maire sortant. « Ça peut arriver des débordements en politique. » La question n’est pas revenue sur le tapis depuis quatre ans et si Mme Demers fait aujourd’hui partie de son équipe, c’est qu’elle a jugé qu’il avait fait « de l’excellent travail », soutient-il. Sans viser particulièrement l’ancienne conseillère, M. Lehouillier souligne aussi qu’il faut « préparer une certaine relève ».