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À la chasse avec un chien de sang

Chaque année, des centaines de carcasses de gros gibiers sont retrouvées grâce à des chiens spéciaux

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SAINTE-AGATHE-DE-LOTBINIÈRE | Des centaines d’animaux abattus par des chasseurs sont retrouvés chaque année par des chiens spécialement entraînés pour retrouver les gros gibiers blessés ou morts.

Jérémy Drapeau, 12 ans, était très fier de tirer sur son premier chevreuil avec une arbalète la semaine dernière à Sainte-Agathe-de-Lotbinière. Mais la flèche n’a pas atteint la bête au cœur, si bien qu’elle est allée mourir plus loin.

« Je voulais absolument retrouver le premier chevreuil de mon garçon », a dit le père de Jérémy, Jimmy Drapeau.

Il a alors fait appel à Inéz, une chienne de sang, et ses conducteurs, Chantal Bellemare et Denis Fortier. Pour 125 $, ils ont retrouvé le chevreuil en 25 minutes à 130 mètres de l’endroit du tir.

Mme Bellemare travaille dans une caisse populaire et prend trois semaines de vacances pendant le temps de la chasse pour retrouver des gibiers avec ses chiennes Inéz et Eyota.

Comme dans une scène de crime, moins l’endroit où la bête a été atteinte est contaminé, plus les chances sont fortes de la trouver.

N’importe quelle race de chien peut devenir un chien de sang à condition de suivre deux jours de formation et de s’entraîner cinq heures par semaine pendant deux mois.

Hormone

Même si on les appelle chiens de sang, ce n’est pas l’odeur du sang qui attire les chiens, mais plutôt une hormone sécrétée par les gros gibiers lorsqu’ils sont stressés.

« La réalité du chasseur est que lorsqu’il tire sur un gibier au cœur ou aux poumons, il meurt au bout de son sang à l’endroit où il l’a atteint. Nous, on traque les tirs au foie et à la panse, souvent avec peu de sang. Le chasseur croit donc que l’animal n’est pas mort. C’est là l’erreur », révèle la présidente de l'Association des conducteurs de chiens de sang du Québec, Chantal Bellemare.

D’ailleurs, s’il y a plus de chevreuils que d’orignaux retrouvés par des chiens de sang chaque année, c’est parce qu’il y a moins de tirs à l’arc et à l’arbalète à la chasse à l’orignal.

Il y a également un manque de conducteurs de chiens de sang dans les régions éloignées pour répondre à la demande.

Trente-six heures

En neuf ans, la plus longue recherche dans le bois pour Mme Bellemare et son chien Eyota a duré 36 heures sur un périmètre de 11 kilomètres à Saint-Léonard-d’Aston.

Tout au long de la recherche, Chantal Bellemare voyait de la crépine (filet qui entoure des organes tels que l’estomac et la panse). Donc son chien et elle savaient que le tir était mortel et que le chevreuil finirait par mourir.

Puisque la bête s’était poussée à quelques reprises, lors de la trouvaille la viande était toujours bonne.