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Procès du policier Simon Beaulieu: les gyrophares n'auraient pas été allumés durant l'intervention

Procès du policier Simon Beaulieu: les gyrophares n'auraient pas été allumés durant l'intervention
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Lorsque le policier Simon Beaulieu, accusé de négligence et de conduite criminelle causant la mort, a décidé d’enclencher la marche arrière pour aller intercepter le cycliste Guy Blouin dans le quartier Saint-Roch en septembre 2014, il l’a fait sans allumer « ni gyrophares ni sirène ».

C’est ce qu’il a été possible d’apprendre, lundi, en écoutant les deux derniers témoins de la Couronne.

Le porte-parole du Comité du 3 septembre, qui a pour objectif de « suivre l’enquête pour que les gens n’oublient pas » est venu raconter ce qu’il a vu, ce jour-là, alors qu’il se trouvait sur le parvis de l’église.

« Je regardais vers la rue Saint-Joseph lorsque j’ai entendu le bruit d’une auto qui accélère. Je me suis tourné la tête et j’ai vu l’autopatrouille reculer sans sirène ou gyrophares », a dit Jean Fortin, en précisant très bien ce souvenir de cette journée de septembre ensoleillée.

Comme sa vue était brouillée par les arbres qui bordent la rue, l’homme a dit ne pas avoir vu l’impact, mais il se souvient du bruit.

« Quand je suis arrivé, les policiers étaient déjà accroupis près du cycliste », a-t-il ajouté.

En contre-interrogatoire, l’homme a admis avoir déjà dit que la « loi des trois singes » s’appliquait aux policiers et qu’il fallait « que ça arrête ».

« Quand un policier est impliqué dans un accident, c’est comme si on ne voyait rien, qu’on n’entendait rien et qu’on ne disait rien », a-t-il dit à l’avocat de la défense, Me Maxime Roy avant de quitter la boîte.

Une caissière retraitée de Desjardins a également raconté avoir vu le cycliste être « très agité » et « blasphémer » après les policiers.

En défense, l’avocat a déposé le « rapport d’expertise en toxicologie » qui démontre que la victime avait dans son sang et ses urines des résidus de « cocaïne, méthamphétamine, d’orphénadrine et de cannabis ».

Le commandant adjoint de l’arrondissement de La Cité-Limoilou et un policier attitré aux affaires institutionnelles ont également témoigné pour la défense du policier.

Selon le premier, environ 400 plaintes sont traitées, annuellement, concernant la conduite délinquante des piétons et cyclistes dans cet arrondissement et les patrouilleurs sont invités à être proactifs.

Le deuxième a quant à lui mentionné au tribunal qu’aucune directive n’avait été établie pour régir le travail des policiers face à cette population problématique. « Toutefois, peu importe s’il y a une règle ou non, j’imagine qu’ils doivent faire preuve de jugement ? » a alors questionné le procureur Michaël Bourget, ce à quoi le policier a répondu par l’affirmative.

Vendredi, le reconstitutionniste de la SQ a témoigné et a affirmé que la voiture avait un problème de freins.

Mercredi, la défense va présenter ses experts.