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Le policier Simon Beaulieu dans le box pour assurer sa défense

Le policier Simon Beaulieu, accusé de négligence et de conduite criminelle causant la mort de Guy Blouin en septembre 2014, vient de prendre la boîte pour assurer sa défense.
Photo Didier Debusschere Le policier Simon Beaulieu, accusé de négligence et de conduite criminelle causant la mort de Guy Blouin en septembre 2014, vient de prendre la boîte pour assurer sa défense.

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Le 3 septembre 2014, le policier Simon Beaulieu était convaincu lorsqu’il a reculé dans une rue à sens unique pour aller intercepter le cycliste Guy Blouin qu’il n’y avait «aucun danger».

Cependant, le son émis par l’accélération subite a fait tourner la tête du cycliste qui, ce faisant, a dévié de sa voie, beaucoup plus que le policier ne pouvait le soupçonner.

«Je me sens mal... C’était moi le conducteur et j’ai causé la mort d’un homme par accident», a-t-il dit en réponse aux questions de son avocat, Me Maxime Roy.

Si l'agent Beaulieu et son partenaire ont voulu intercepter le cycliste, ce jour-là, c’est qu’il circulait en sens inverse sur la rue Saint-François, mais aussi qu’un individu avait fait «deux tentatives de vol de vélo» dans le quartier Saint-Roch et qu’il était en «possession d’outils de cambriolage».

«Je me suis positionné de façon oblique dans la rue pour lui indiquer que je voulais qu’il s’arrête puis j’ai verbalisé ma demande», a-t-il dit, ajoutant que l’homme était plutôt passé à ses côtés en l’ignorant.

Après s’être remis de façon parallèle à la rue, l'agent s’est tourné pour regarder dans la lunette arrière du Ford Crown Victoria, puis il a enclenché l’accélérateur. Voyant le cycliste dévier, le policier a appliqué les freins vivement. La voiture a mal réagi. Les pneus ont glissé sur la chaussée.

«Il était trop tard. Je l’ai entendu crier...», a-t-il laissé tomber. «Vous savez, monsieur le juge, je n’ai jamais voulu faire ça dans ma carrière. Je ne me suis jamais levé un matin en me disant que je voulais rouler sur quelqu’un...», a-t-il dit.

Emmené à l’hôpital, Guy Blouin est décédé dans les minutes qui ont suivi. Sous le choc, le policier a contacté son lieutenant pour lui demander d’enclencher une enquête ministérielle. Il a aussi appelé sa conjointe alors enceinte et ses parents pour les aviser de ce qui venait de se produire.

«Pendant ce temps-là, je me disais qu’au même moment, quelqu’un annonçait le décès de monsieur Blouin à sa famille...», a-t-il ajouté, émotif.


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