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Discrimination systémique et racisme: Québec fait une croix sur sa consultation

immigration David Heurtel
Photo Simon Clark Le ministre David Heurtel est revenu sur la Une du Journal de Québec sur la pénurie de main-d’œuvre pour justifier la nécessité de faire un arrimage entre les nouveaux arrivants et les emplois à combler.

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Après des mois de controverse, Québec modifie de fond en comble le mandat de la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, qui devient un forum sur l’intégration en emploi.

Le nouveau ministre de l’Immigration, David Heurtel, a également retiré le mandat à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ), qui devait chapeauter les travaux. Celle-ci n’est plus «le véhicule approprié», explique le ministre.

Les 31 organismes déjà mandatés pour mener des consultations locales pourront continuer leurs travaux, mais le grand forum public prévu en décembre sera désormais axé sur les enjeux liés à l’emploi, la formation, la francisation et la lutte contre la discrimination.

Au préalable, David Heurtel et le ministre de l’Emploi procéderont à une tournée du Québec pour entendre les besoins des entreprises et des organismes à vocation économique.

Indépendance des travaux

Même si les travaux avaient été confiés à la CDPDJ pour en assurer l’indépendance, le ministre nie toute «ingérence» politique dans la nouvelle formule. «Les mandats sont donnés, et ce sont ces organismes-là qui contrôlent le déroulement de ces mandats-là», dit David Heurtel.

Le ministre nie également que sa décision soit liée aux problèmes internes de la CDPDJ, où la présidente est visée par des allégations d’abus d’autorité et de mauvaise gestion. «Ce n'est pas une réaction à ce qui se passe à la commission», assure-t-il.

Quel racisme systémique ?

Si la question de la discrimination sera abordée par le Forum, David Heurtel a semblé embêté lorsque questionné sur l’existence du racisme systémique au Québec. «Je ne suis pas là pour vous dire exactement qu'est-ce qui existe, qu'est-ce qui n'existe pas», a-t-il d’abord lancé.

«Est-ce qu'il y a des épisodes de racisme? C'est possible, a-t-il poursuivi. Est-ce qu'il y a des épisodes de discrimination systémique? C'est possible. Est-ce qu'il y a des épisodes de discrimination plus généraux, différents types de discrimination? Oui, c'est possible.»

Le ministre assure d’ailleurs que les 31 OBNL mandatés pour mener les consultations locales pourront aborder les questions de discrimination et de racisme et que leurs rapports seront rendus publics.

L’opposition déçue

Férocement opposés à la consultation, le PQ et la CAQ affirment que le gouvernement modifie la forme, sans changer le but de l’exercice.

À l’inverse, le député solidaire Amir Khadir a déploré le recul du gouvernement Couillard. «Monsieur Heurtel pense sans doute aider à améliorer des choses, mais ce qu'il vient de faire relève de la lâcheté pure et simple, a-t-il lancé. [...] Monsieur Heurtel baisse l'échine, plie devant les bigots qui voulaient absolument diluer et annuler la consultation sur la discrimination systémique et sur le racisme au Québec.»